Risques - Xynthia, trois ans après : Delphine Batho promet une accélération des programmes de prévention des inondations

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia frappait le littoral atlantique, notamment en Vendée et en Charente-Maritime, faisant 53 morts et causant plus de 2,5 milliards d'euros de dégâts. Des travaux de réparations d'urgence ont été mis en œuvre juste après la catastrophe, avec 190 chantiers réalisés pour un montant de travaux de 31,9 M€ dont 15,5 M€ financés par l'État. Après la phase d'urgence, 13 programmes d'actions de prévention des inondations (Papi) et 3 renforcements de digues (label plan submersion marine) ont été élaborés dans les deux départements les plus touchés. Mais les travaux d'aménagement de digues de protection ont pris du retard. "Si les premiers confortements de digues ont été réalisés à Charron (Charente-Maritime), la complexité des procédures environnementales et techniques, qui sont actuellement en cours, est à l'origine des retards pris pour la réalisation des travaux des digues de la Pergola et des Grands Relais (Vendée), du Boutillon et de Port des Barques (Charente-Maritime)", reconnaît le ministère de l'Ecologie. La ministre Delphine Batho a donc annoncé le 27 février vouloir accélérer la mise en œuvre des programmes d'actions de prévention des inondations. Afin de mener l'ensemble des travaux prioritaires au plus vite, elle a désigné une mission d'appui auprès des services de l'État chargée de veiller à la simplification et la réduction des délais.
Pour France Nature Environnement (FNE), "construire des digues ne suffira pas à empêcher une nouvelle catastrophe". "Il faut impérativement limiter la construction dans les zones à risque ! La généralisation des plans de prévention des risques littoraux (PPRL) est indispensable et urgente, non seulement sur les côtes affectées par Xynthia, mais aussi sur l’ensemble du littoral français", souligne la fédération d'associations environnementales qui réclame le gel de tous les permis de construire tant que ces plans ne seront pas entrés en vigueur dans les communes à risques. Elle juge aussi indispensable de promouvoir la culture du risque auprès des élus et des habitants en passant des "plans théoriques de sauvegarde à des exercices pratiques grandeur nature". Enfin, sur la base des inventaires des zones à risques et en concertation avec les collectivités, les populations et les entreprises exposées, FNE juge nécessaire de définir une politique de repli stratégique. "Le scénario du pire est toujours envisageable et aucune digue ne sera assez haute pour assurer un risque zéro, rappelle Denez L’Hostis, responsable de la mission Mer et littoral de la fédération. La France doit s’engager dans une politique qui combine intelligemment repli stratégique et consolidation des défenses."
 

 

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