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Tourisme - 590 millions d'euros de retombées pour les huit régions organisatrices de la Coupe du monde de rugby

Avec ses 330 pages, l'étude réalisée par le Centre de droit et d'économie du sport (CDES) pour le compte du ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports constitue une première. Jamais en France, une étude n'avait poussé aussi loin l'analyse des retombées économiques d'un grand événement de portée internationale, en l'occurrence la Coupe du monde de rugby organisée du 7 septembre au 20 octobre 2007.
Au niveau national, l'impact économique calculé par le CDES s'élève très précisément à 538,73 millions d'euros. Ce montant se décompose en une partie liée au tourisme (87,1%) et une partie liée à l'organisation de l'événement (12,9%). La première regroupe elle-même les dépenses des spectateurs étrangers présents dans les stades (87%), des accompagnateurs (9,8%) et des spectateurs présents devant les écrans géants mis en place notamment par les communes (3,2%). La seconde partie recouvre les dépenses du groupement d'intérêt public (GIP) "Coupe du monde de rugby 2007" (74,1%), celles de la Fédération française de rugby (20,9%) et les dépenses supplémentaires des équipes participantes (5%). L'impact économique régional est estimé, pour sa part, à 589,9 millions d'euros. Ce chiffre ne doit surtout pas être additionné au chiffre national, mais constitue une autre façon d'approcher l'impact économique de la Coupe du monde. La différence entre les deux montants tient notamment à la prise en compte des spectateurs français extérieurs à la région considérée. Dans le cas de l'approche régionale, ceux-ci sont en effet assimilés aux spectateurs étrangers, puisqu'ils constituent un apport net pour la région. L'impact économique régional est très contrasté, avec deux régions qui se taillent la part du lion : l'Ile-de-France (254 millions d'euros et 43% du total) et Paca (145 millions et 24,6%). Viennent ensuite Rhône-Alpes (40 millions), l'Aquitaine (39 millions), le Languedoc-Roussillon (31 millions), les Pays-de-la-Loire et le Nord-Pas-de-Calais (27 millions chacune) et Midi-Pyrénées (21 millions). Ce classement en valeur absolue ne reflète toutefois pas le rapport entre le bénéfice et les coûts, autrement dit le retour sur investissement. Le ratio bénéfices/coûts est ainsi de 3,18 en Rhône-Alpes, de 2,97 en Midi-Pyrénées, de 2,38 en Ile-de-France, mais "seulement" de 1,77 en région Paca.
Le CDES a également évalué le "bénéfice social net" de la Coupe du monde, obtenu par la différence entre les bénéfices (valeur d'usage par les spectateurs et valeur de non-usage par les contribuables) et les coûts (coûts pour la collectivité et nuisances occasionnées). Ce bénéfice net social s'élève à 113,23 millions d'euros, grâce notamment aux très faibles nuisances (congestion des transports, bruit de voisinage, déchets...), estimées à 1,57 million d'euros. A noter en particulier : l'absence totale de faits de hooliganisme, à la différence des coupes du monde de football.
Cette étude permet à la France de disposer désormais d'une méthode d'évaluation et d'un savoir-faire qui pourraient se révéler très utiles alors qu'émergent d'autres candidatures à de grands événements internationaux, comme les Jeux olympiques d'hiver.

 

Jean-Noël Escudié / PCA

 

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