Agnès Buzyn appelle les généralistes à s'investir dans les futurs hôpitaux de proximité et les Ehpad

Intervenant devant le Congrès de médecine générale, la ministre de la Santé a mis en avant le rôle joué par les généralistes dans le développement des maisons de santé, a insisté sur les coopérations notamment dans le cadre des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)... et a souhaité un renforcement de la présence des médecins généralistes dans les hôpitaux de proximité et dans les Ehpad.

Intervenant le 4 avril devant le Congrès de médecine générale, la ministre des Solidarités et de la Santé est revenue sur le projet de loi relatif à l'organisation et à la transformation du système de santé, adopté en première lecture le 26 mars à l'Assemblée nationale (voir nos articles ci-dessous des 21 et 26 mars 2019). Agnès Buzyn a notamment insisté sur le rôle que pourraient jouer les médecins généralistes au sein des futurs hôpitaux de proximité, mais aussi des Ehpad. Elle estime en effet que "la médecine générale a [...] affirmé depuis 15 ans une identité, une culture et une place qui la placent en première ligne dans la transformation profonde d'un système de santé qui s'est historiquement construit autour de l'hôpital".

Des "défis majeurs" à relever

Pour cela, les médecins généralistes devront relever "plusieurs défis majeurs". Le premier - après la création de la filière universitaire de médecine générale il y a dix ans - est celui de la formation et du "développement professionnel continu" (DPC), désormais coordonné par l'Agence nationale du DPC, mise sur pied en 2016. Second défi : celui de l'évolution vers "un exercice regroupé et pluriprofessionnel". Sur ce point, Agnès Buzyn rappelle que l'on doit aux généralistes l'invention du concept de maison de santé pluriprofessionnelle et que 4.600 d'entre eux y exercent déjà. Si on y ajoute les centres de santé, "ce sont déjà près de 15% des médecins généralistes qui travaillent en équipe de soins pluriprofessionnelle". L'objectif est de parvenir à un doublement de ces équipes à l'horizon 2022, grâce notamment aux moyens dégagés par l'accord cadre interprofessionnel négocié avec la Cnam.

Le troisième défi consiste à progresser dans les coopérations entre médecins et autres acteurs de la première ligne de soins, notamment face au développement des pathologies chroniques. Agnès Buzyn précise au passage que "ces coopérations impliquent nécessairement des partages d'activités de soins et de prévention", allusion à la création des infirmiers en pratique avancée (IPA) et à l'extension des responsabilités des sages-femmes et des pharmaciens.

Quatrième défi : la poursuite des efforts pour assurer la qualité et la pertinence des soins. Enfin, la ministre de la Santé a évoqué le développement de la recherche en soins primaires, avec le projet de création d'une plate-forme nationale d'observation et de recherche en médecine générale.

"Les CPTS ne sont pas un objet administratif"

Dans son intervention, la ministre de la Santé a insisté plus particulièrement sur deux dispositifs innovants "qui sont des piliers de la structuration du réseau de santé de proximité et où les médecins généralistes sont appelés à prendre toute leur place". Le premier réside dans le déploiement des CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé), dont le chef de l'Etat souhaite qu'elles maillent tout le territoire d'ici à 2022 et qui doivent notamment "améliorer les parcours de soins entre premier et second recours, entre ville et hôpital, afin de faciliter le maintien à domicile des personnes âgées ou en perte d'autonomie".

Agnès Buzyn a insisté sur le fait que "les CPTS ne sont pas un objet administratif, mais bel et bien un outil dont les professionnels de ville doivent s'emparer". Le projet de loi Santé retire d'ailleurs aux ARS la possibilité de créer des CPTS de leur propre initiative. Pour la ministre, il convient en effet que "les ARS soient une force d'appui dans les projets pluriprofessionnels, pas des instances de contrôle à la fois tatillonnes et chronophages"...

Sécuriser l'exercice des généralistes au sein des hôpitaux de proximité

Le second dispositif innovant est celui des hôpitaux de proximité qui, "en plus d'être le premier niveau de la gradation hospitalière [...] apporteront dans de nombreux territoires le cadre et les ressources nécessaires aux médecins généralistes et autres acteurs du réseau de soins de proximité".

Sur ce point, Agnès Buzyn a réaffirmé son intention de veiller "à ce que l'exercice professionnel au sein de ces hôpitaux de proximité soit attractif et sécurisé pour les médecins généralistes qui s'y engageront" et a appelé ces derniers à se saisir pleinement de cette opportunité. Elle a également évoqué la présence des médecins généralistes dans les Ehpad, "pour y assurer des missions de soins ou de coordination, que je souhaite renforcer en lien avec les propositions du rapport autonomie et grand âge" (du rapport Libault, ndlr).

Pour la ministre de la Santé, ce renforcement de la présence des médecins généralistes dans les hôpitaux de proximité et dans les Ehpad "devra notamment faire appel à un usage accru de la télémédecine et à de nouvelles coopérations avec les autres professionnels de santé de première ligne".

 

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