En bref - Aides au logement : le gouvernement annonce une "réforme globale"

En pleine polémique sur la baisse des aides au logement (lire notre article d'hier), le gouvernement a enfoncé le clou ce mardi 25 juillet en annonçant pour l'automne une "réforme globale", qui suscite déjà de fortes inquiétudes.
Pointant sur RTL, un "budget d'APL de 19 milliards d'euros" et "un budget global d'aides au logement de 30 milliards d'euros", un "record en Europe", le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard a fustigé un "système pervers" où "1 euro de plus sur l'APL" équivaut à "78 centimes de hausse des loyers". Une "réforme globale" dans le cadre de la loi Logement cet automne est "tout à fait indispensable", a-t-il jugé, sans beaucoup plus de précisions, "parce que c'est comme un camion fou, un bateau ivre, nous sommes avec des montants qu'il faut arriver à maîtriser".
Pour Frédéric Paul, directeur général de l'Union sociale pour l'habitat (USH), "on mélange des choux et des carottes" : "Dans le monde HLM où les loyers sont réglementés, ces aides profitent intégralement à leurs 3 millions de bénéficiaires". Mais "55% des 19 milliards d'euros d'aides au logement sont versées par l'Etat aux locataires du parc privé, des sommes captées par les propriétaires bailleurs". "C'est dans le privé que la politique du logement alimente la hausse des prix, via des aides fiscales telles que le Pinel, captées par les promoteurs qui en profitent pour augmenter leurs prix de vente", juge-t-il. Avec un coût pour l'Etat, étalé sur 6 à 12 ans, d'un milliard d'euros pour les seules 40.000 aides concédées en 2017 aux investisseurs locatifs, rappelle Frédéric Paul.
"La dérive des APL" est due à la "dérive des loyers" contre laquelle "rien n'a été fait au cours des 10-15 dernières années", juge pour sa part Michel Fréchet, président de la Confédération générale du logement (CGL), qui ajoute : "Agir sur le niveau des APL pour faire baisser les loyers revient à prendre le problème à l'envers", car c'est en encadrant les loyers comme à Paris depuis août 2015, "qu'on pourra les réduire".
Très critique, sur BFM Business, François Pupponi, député-maire (NG) de Sarcelles et ex-président de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), estime que "l'équation c'est de dire aux bailleurs et aux constructeurs : combien vous faut-il d'aides à la pierre pour avoir un prix de sortie du loyer acceptable pour les Français ? Or personne n'accepte de faire le calcul".
La Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf) "n'a pas été consultée" sur la future baisse du montant des aides au logement, a déploré mardi le président de son conseil d'administration. "Une concertation un peu plus étroite et préalable avec notre conseil d'administration aurait permis de trouver probablement d'autres solutions", a-t-il estimé, critiquant une "absence (...) de réelle prise en compte" des difficultés des familles.
 

 

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