Localtis

Airbnb et PAP mobilisent pour loger les soignants, les réservations d'hôtels pour les SDF atteignent les 2.000 chambres

Airbnb a signé un accord avec Julien Denormandie prévoyant de mettre des logements à disposition des soignants, mais aussi des travailleurs sociaux des centres d'hébergement d'urgence. Pour les SDF, le nombre de 2.000 chambres devrait être rapidement dépassé, les hôteliers annonçant la mobilisation de 500 hôtels, soit plus de 20.000 chambres.

Les initiatives en matière de logement pour faire face à l'épidémie de Covid-19 prennent de l'ampleur. Elles visent deux publics principaux. D'une part, les soignants et, plus largement, tous ceux dont la présence est indispensable pour assurer la continuité sanitaire et médicosociale. D'autre part, les personnes sans abri, particulièrement exposées à la maladie du fait de la difficulté à mettre en œuvre les gestes barrières.

Mise à disposition gratuite de logements pour les soignants et personnels sociaux

Sur la première catégorie de publics, Julien Denormandie a sollicité Airbnb, en vue de "mettre des logements à disposition du personnel soignant des hôpitaux, des Ehpad, ainsi que des travailleurs sociaux et bénévoles mobilisés dans les centres d’hébergement". La plateforme a d'autant plus donné suite à cette demande que plusieurs propriétaires avaient déjà spontanément proposé de mettre des logements à disposition. Les propriétaires disposant d'un logement à proximité d'un hôpital, d'un Ehpad ou d'un centre d'hébergement d'urgence peuvent désormais s'inscrire sur la page dédiée du site d'Airbnb ("Appart Solidaire"). Il en est de même pour les personnels concernés, ayant un temps de déplacement depuis leur domicile habituel supérieur à 30 minutes. Les logements (les chambres chez l'habitant étant exclues pour des raisons de sécurité sanitaire) sont mis à disposition gratuitement et Airbnb ne prélève bien sûr aucune commission, mais verse au propriétaire un dédommagement de 50 euros pour chaque séjour.

Pour sa part, le site pap.fr (De particulier à particulier) a pris une initiative similaire en ouvrant une rubrique dédiée, afin de mettre en relation les propriétaires désireux de proposer un logement et les soignants à la recherche d'un hébergement plus proche de leur lieu de travail.

L'hôtellerie mobilisée pour les sans-abri, les routiers et les soignants

Vis-à-vis des personnes sans abri, c'est la réponse hôtelière qui s'impose. Le 19 mars, lors de la séance de questions à l'Assemblée nationale, Julien Denormandie avait annoncé le recours à des hôtels pour héberger les personnes sans abri (voir notre article ci-dessous du 20 mars 2019). L'Umih (Union des métiers et industries de l'hôtellerie) et le GNC (groupement national des chaînes hôtelières) ont aussitôt répondu favorablement et se sont rapproché des préfectures pour procéder à un recensement de l'offre disponible (voir notre article ci-dessous du 19 mars 2020). Dans un communiqué du 23 mars, le ministre de la Ville et du Logement évoque ainsi la mobilisation de "2.000 places d’hôtels supplémentaires dans toute la France".

Mais le compte pourrait aller bien au-delà. Dans un communiqué du 21 mars, l'Umih et le GNC annoncent en effet que "les chaines hôtelières et les hôteliers indépendants ont la capacité de mettre à disposition de l’État 500 hôtels, soit plus de 20.000 chambres dans toute la France", afin de "loger les personnels soignants, les routiers et les personnes sans-abri". Dans un communiqué du 24 mars, le Groupe Accor, l'un des leaders mondiaux de l'hôtellerie, annonce ainsi qu'"à ce jour, plus de 40 hôtels (hotelF1, Ibis budget, Ibis, Ibis styles, Mercure et Novotel) proposent une capacité de 1.000 à 2.000 lits pour accueillir les personnes sans abri sur tout le territoire. Accor continue à travailler en lien avec Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, et le Samu social pour poursuivre l’identification des besoins supplémentaires et répondre le mieux possible aux demandes sur tout le territoire". Dans le même temps, le Groupe annonce avoir "décidé, en collaboration avec l’AP-HP et ses partenaires d’ouvrir, en fonction des besoins, ce dispositif à l’ensemble du personnel soignant mobilisé dans la lutte contre le Covid-19. Le personnel soignant pourra ainsi, via la plateforme CEDA, accéder à un hébergement à proximité de son lieu de travail".

Enfin, le GNI-Synhorcat (hôtellerie indépendante) a indiqué à l'AFP avoir recensé quelque "600 hôtels" indépendants volontaires, même si l'opération reste encore à formaliser.

Haut de page