Coronavirus : l'Ile-de-France met 9.200 lits d'internat à disposition du dispositif de santé

Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a annoncé un ensemble de mesures, dont la mise à disposition de lits d'internat appartenant à la région et laissés vides par les lycéens, y compris à destination de malades sortis de réanimation et de la phase aiguë.

Après avoir réuni, le 13 mars, le "comité de crise régional" – mis en place dès le début de la crise sanitaire –, Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a annoncé ce mercredi 18 mars, sur RTL, un ensemble de mesures pour faire face à la situation. Outre des mesures sur le confinement de ses salariés, le télétravail, l'enseignement à distance ou l'aide aux entreprises, le dispositif annoncé comporte de nombreuses dispositions innovantes concernant la réponse sanitaire et sociale face à la diffusion généralisée du coronavirus.

Dix millions d'euros pour équiper les professionnels de santé en télémédecine

Appelant à "l'union nationale", Valérie Pécresse a indiqué avoir "validé avec le Premier ministre que les présidents de région pouvaient désormais, sans changer leur règlement d'intervention parce que ce serait très, très lourd, ça prendrait des semaines, prendre des mesures d'urgence".

La mesure la plus spectaculaire sur ce volet sanitaire et social concerne la mise à disposition de l'État de 9.200 lits d'internat, appartenant à la région et laissés vides par les lycéens. L'objectif est de remédier à l'attrition des capacités hospitalières, qui risquent d'être débordées par un afflux de malades lors du pic de l'épidémie. Si une utilisation directe pour hospitaliser des patients paraît peu probable dans la mesure où la configuration et l'équipement ne sont pas du tout adaptés, ces lits pourraient en revanche être utilisés pour accueillir et soigner des personnes sans-abri, ou pour servir de maisons de convalescence ou de "maisons médicales" pour des personnes sorties de réanimation et de la phase aiguë. Il est à noter que cette mesure ne figurait pas explicitement dans le communiqué publié après la réunion du comité de crise régional, le 13 mars.

Autre mesure innovante : la mise en place d'un fond d'urgence de 10 millions d'euros, destiné à aider les médecins et les infirmiers libéraux à s'équiper en télémédecine.

Une application pour mobiliser les personnels disponibles

La région va également mettre 30 des 40 salariés d'Ile-de-France Prévention Santé Sida (financé par la région et qui intervient dans les lycées) à disposition de l'agence régionale de santé (ARS) pour aider les structures d'urgence sociale. Un fonds d'aide de 10 millions d'euros devrait aussi venir abonder les moyens de grandes associations caritatives. Dans cet esprit de mobilisation générale, Valérie Pécresse invite aussi "toutes les personnes qui ont été formées à donner des soins et qui aujourd'hui se trouvent en dehors du système hospitalier (médecins du travail, scolaires, retraités...) [à] venir prêter main-forte". D'ici la fin de cette semaine, la région et l'ARS devrait lancer une application pour aider les professionnels de santé concernés à se faire connaître.

De même, la région pourrait mettre à disposition de l'État les locaux de certains lycées pour servir de lieu de garde des enfants des personnels de santé. Elle va également poursuivre son partenariat avec l'association Voisins Solidaires, sous la forme d'un kit envoyé à tous les élus pour favoriser les liens entre voisins dans le cadre de la crise (voir aussi notre article du jour "Rester solidaire à l'heure du confinement : communes, associations et citoyens s'organisent"). Enfin, la région prévoit de renforcer, grâce à un redéploiement des transports scolaires, les lignes de transports à la demande qui desservent certains établissements de santé. C'est le cas des établissements situés à Férolles, Jossigny, Nemours et Montereau (Seine-et-Marne), à Rambouillet et Houdan (Yvelines), ainsi qu'à Pontoise (Val d'Oise).

 

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