Apprentissage : le coût d'un contrat pour les fonds publics a baissé de 23% depuis 2021
L’explosion de l’apprentissage depuis 2021 s’est accompagnée d’une baisse de coûts par contrat de 23% en quatre ans, selon France compétences.
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15,5 milliards d’euros. C’est la somme engagée en 2024 en faveur des centres de formation d’apprentis (CFA) et des aides à leurs employeurs, selon France compétences, l’autorité en charge de pilotage des fonds de la formation professionnelle. Ce montant est resté stable par rapport à l’année précédente, alors même que le nombre de contrats d’apprentissage continuait à augmenter pour atteindre la barre des 900.000. Ces grandes masses, indiquées dans le rapport 2025 sur l’usage des fonds publié comme chaque année par l’institution, donnent à voir les premiers effets des mesures d’économies et de régulation visant à freiner les hausses de coûts liées au boom de l’apprentissage.
Si le nombre de contrats a augmenté, leur coût unitaire a baissé de 23% entre 2021 et 2024, passant de 22.478 euros en 2021 à 17.404 euros en 2024, selon les données de France compétences. Les aides aux employeurs, qui s’élevaient en moyenne à 10.485 euros en 2021, ont chuté à 5.983 euros en 2024 sous l’effet des différentes décrets qui ont régulièrement diminué le montant de ces primes à l’embauche. En 2025, celles-ci avaient encore baissé (lire notre article). Un projet de décret ayant fuité dans la presse prévoit désormais d’en différencier le montant selon le niveau de formation.
Les financements des CFA en baisse de 9%
Par ailleurs, les financements versés aux centres de formation d’apprentis par les opérateurs de compétences afin de couvrir leurs frais pédagogiques ont reculé de 9% entre 2021 et 2024, soit d’une moyenne de 10.485 euros à 9.127 euros par contrat. Cela s’explique par la révision régulière de ces financements sous le pilotage de France compétences, qui encadre les niveaux de prises en charge définis par les branches professionnelles lorsqu’ils s’écartent d’une fourchette, calculée pour chaque certification.
Ces révisions des financements aux CFA par type de certification sont régulièrement contestées par les centres de formation d’apprentis. Le 18 février dernier, les chambres de métiers et de l’artisanat en ont dénoncé des effets "destructeurs" dans une lettre ouverte. Dans ce réseau consulaire, les moyens affectés au fonctionnement des formations, en baisse de 8% en moyenne, "occasionneront une perte de ressources de l’ordre de 30 millions d'euros pour l’année 2025, et un résultat d’exploitation au-dessous de zéro". "Dès 2024, plusieurs CMA ont dû fermer ou 'geler' des sections faute de pouvoir couvrir leurs coûts. La tendance s’est élargie en 2025 et sera critique en 2026", prévient le réseau.