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Après les annonces présidentielles, plusieurs questions en suspens

Écoles, seniors, commerces, masques, tests... de nombreuses questions restent en suspens sur les modalités du déconfinement "progressif" annoncé lundi soir par Emmanuel Macron, qui a chargé le gouvernement de présenter d'ici quinze jours "le plan de l'après-11 mai". "Le président de la République a demandé au gouvernement de préparer un plan complet de sortie, un plan d'ensemble, j'aurai l'occasion de le présenter quand il sera prêt, largement avant la date du 11 mai. Mais il doit être travaillé en consultation avec beaucoup d'acteurs pour être véritablement à la hauteur des enjeux", a souligné mardi Edouard Philippe lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Il appartient au gouvernement de mettre en place les instruments, les méthodes, la doctrine d'emploi, la coordination nécessaire", a ajouté le Premier ministre.

11 mai - Que se passera-t-il le lundi 11 mai? "C'est une date d'objectif : ce n'est pas le déconfinement le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai", a souligné mardi matin sur France Inter le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, en appelant à la "discipline" des Français. Lundi, le chef de l'État avait déjà conditionné la fin du déconfinement au "respect des règles" et au ralentissement effectif de la propagation du virus. Les détails de la stratégie adoptée restent à préciser. Une source gouvernementale ajoutait dès mardi : "Si on constate qu'il y a eu un relâchement général avant le 11 mai et qu'on voit le taux de contagiosité augmenter, on constatera que ce qu'on avait réussi à enclencher ne s'est pas installé dans la durée, ce sera de nature à remettre en cause la date du 11". Emmanuel Macron n'a pas mentionné lundi la piste d'un déconfinement par régions, évoquée ces dernières semaines. Et certains continuent de la préconiser : le déconfinement devra être "très progressif et différencié selon les régions", a ainsi déclaré mardi Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France. (lire notre article de ce jour Confinement : l'heure n'est pas à la différenciation territoriale)

"Personnes âgées" - Outre les personnes "les plus vulnérables", "en situation de handicap sévère", ou "atteintes de maladies chroniques", les "personnes âgées" seront invitées à rester confinées après le 11 mai, a expliqué lundi Emmanuel Macron, sans préciser de borne d'âge. Le 12 mars, lors d'une première allocution télévisée avant le confinement général mais qui préconisait la limitation des déplacements aux plus fragiles, le chef de l'État s'était livré à une énumération similaire, cette fois en visant "les personnes âgées de plus de 70 ans". L'OMS définit pour sa part une "personne âgée" comme celle ayant atteint 60 ans.

École - "À partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées", mais dans l'enseignement supérieur, les cours ne reprendront "physiquement pas avant l'été", a indiqué Emmanuel Macron. Mais "toute les écoles ne seront pas ouvertes" à cette date, a prévenu mardi le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, selon qui "en mai-juin, ce ne sera pas du tout comme avant". La reprise progressive "implique forcément qu'on ne va pas avoir les mêmes âges qui rentrent au même moment", et "il ne pourra pas y avoir de grands groupes" dans les classes, a-t-il encore affirmé, en renvoyant pour l'heure à "l'élaboration d'une méthodologie". Quels élèves rentreront en classe en premier ? Ceux qui sont le plus en difficulté, a-t-il laissé entendre, en faisant valoir un critère "d'abord social". Dès lundi soir, l'annonce du président de la République a suscité l'inquiétude de nombreux enseignants. (lire notre article de ce jour Un retour progressif et partiel des élèves à l'école à partir du 11 mai)

Commerces - Quels commerces, outre ceux de première nécessité restés ouverts, pourront de nouveau accueillir des clients à la mi-mai ? Pas de précisions pour l'instant. Emmanuel Macron a en revanche d'ores et déjà indiqué que "les lieux rassemblant du public, restaurants, cafés et hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacles et musées, resteront fermés".

Aides aux plus démunis - Pour "les plus fragiles et les plus démunis", notamment les "familles les plus modestes avec des enfants", le président de la République a promis "une aide exceptionnelle", sans en définir les contours. "On va en discuter dans les jours qui viennent, je ne peux pas vous dire aujourd'hui, très sincèrement, quelle forme va prendre cette aide", a expliqué mardi le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, en confirmant qu'"il faudra une aide pour ceux qui aujourd'hui prennent cette crise de plein fouet et n'ont pas les ressources ou les moyens pour y faire face". Emmanuel Macron avait en outre indiqué que "les étudiants les plus précaires vivants parfois loin de leurs familles, en particulier lorsque celles-ci viennent d’outre-mer, seront aussi aidés". Le Premier ministre a quant à lui cité mardi, lors des questions au gouvernement, "ceux qui se trouvent en fin de droits, les bénéficiaires du RSA, les familles dont les membres actifs se trouvent avec très peu de moyens et avec plusieurs enfants", et confirmé que les modalités seraient présentées ce mercredi lors du Conseil des ministres. Quand pourront-ils bénéficier de cette aide ? "A l'horizon de la mi-mai", a-t-il répondu. "La prime de solidarité annoncée par Emmanuel Macron est une bonne nouvelle pour les millions de personnes qui rencontrent des difficultés pour se nourrir, se soigner, payer les charges, les loyers. Mais la question du montant reste posée : il faut a minima 250€/personne", a réagi ce mardi sur Twitter Christophe Robert, le délégué général de la fondation Abbé-Pierre, en ajoutant : "Il faut impérativement que cette aide profite aussi aux personnes seules et aux couples et pas seulement aux familles."

Masques - Source de polémique depuis plusieurs semaines, les masques n'ont pas pu être distribués "autant que nous l'aurions voulu", a reconnu Emmanuel Macron. À partir du 11 mai, en "lien avec les maires, l'État devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public", a-t-il dit. Mardi, Christophe Castaner a assuré que "14 millions seront distribués d'ici le 26 avril" et 40 millions supplémentaires ont été commandés. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué mardi que ces masques seront désormais "probablement disponibles" gratuitement dans les mairies. "L'hypothèse de procéder à partir des collectivités locales, des mairies, est effectivement une des hypothèses que nous envisageons", a-t-il assuré, en décrivant des masques, ni chirurgicaux, ni FFP2, mais qui "auront aussi la capacité d'être lavables et donc d'être utilisables plusieurs fois". (voir aussi notre article de ce jour)

Quarantaine à l'hôtel - Faudra-t-il isoler les personnes testées positives au Covid-19, alors qu'Olivier Véran a promis une multiplication des points de dépistage ? "Toutes les possibilités sont à l'étude, nous n'excluons rien", y compris une éventuelle réquisition d'hôtels, a assuré le ministre de la Santé. On sait que c'est ce qui se pratique par exemple en Espagne. Et que la maire de Paris, Anne Hidalgo, en a fait l'une de ses préconisations pour ceux "ne peuvent être confinés chez eux dans des conditions satisfaisantes pour protéger leur entourage d’une contamination".

 

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