Masques : le gouvernement calme le jeu avec les associations de collectivités, la production accélère pour le déconfinement

Sept membres du gouvernement ont échangé en fin de semaine dernière sur la question des masques de protection. Cette question a aussi naturellement été mentionnée par Emmanuel Macron lundi soir. Dans la perspective du déconfinement, le gouvernement compte s'appuyer sur les mairies pour la distribution de masques "grand public".

Depuis plusieurs jours, des tensions se faisaient jour entre l'État et les collectivités, voire entre collectivités elles-mêmes sur la question des commandes de masques : livraisons destinées à des régions et réquisitionnées par l'État sur le tarmac de l'aéroport (cas de l'affaire assez obscure du Grand Est et de la Bourgogne-Franche Comté), concurrence entre collectivités, contestation des procédures d'achat (en Guadeloupe), intermédiaires véreux, livraison de masques défectueux en provenance de Chine (en Belgique, en Espagne et aux Pays-Bas, mais aussi à La Réunion)... Des difficultés ou défaillances telles que certains n'hésitent plus à évoquer le Far West ou la guerre des masques. 

Complémentarité, plutôt que concurrence

Pour éviter que la situation s'envenime, Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Olivier Véran (Solidarités et Santé), Christophe Castaner (Intérieur), Julien Denormandie (Ville et Logement), Sébastien Lecornu (Relations avec les collectivités territoriales), Sophie Cluzel (Personnes handicapées) et Agnès Pannier-Runacher (Économie et des Finances) ont organisé, le 9 avril, une réunion avec les présidents d'associations de collectivités. Le compte rendu n'en a été diffusé par le gouvernement que le samedi 11 avril. 
Après l'hommage aux collectivités, qui se sont mobilisées "aux côtés des services de l'État, pour assurer la continuité des activités essentielles à la vie de la nation et répondre aux besoins des citoyens", ce compte rendu réaffirme qu'"il est essentiel que les collectivités territoriales et l'État agissent, non pas en concurrence, mais de manière complémentaire". Les ministres ont notamment souligné que "conformément aux directives rappelées par l'OMS, la France a toujours indiqué donner la priorité d'utilisation des masques chirurgicaux et FFP2 aux soignants".
En revanche, les ministres ont présenté aux associations de collectivités la possibilité d'accéder à de nouveaux types de masques "pour les personnels non soignants, tant dans les services des collectivités territoriales, de l'État, que dans le secteur privé". Deux catégories de masques à usage non sanitaire ont ainsi été créées pour répondre aux besoins de la crise. Par ailleurs, l'industrie textile française se mobilise et a produit 3,9 millions de masques en tissu entre le 30 mars et 5 avril, et la production devrait atteindre 6,6 millions d'unités cette semaine. Les entreprises dont les prototypes ont passé positivement les tests réalisés par la Direction générale de l'armement (DGA) sont recensées sur le site de la Direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l'Économie et des Finances (voir lien ci-dessous)

"Nous n'avons pas pu distribuer autant de masques que nous l'aurions voulu"

Centrale dans cette crise sanitaire – même s'il n'y a pas, loin de là, consensus sur l'intérêt de porter un masque pour les personnes non malades et non soignantes –, la question des masques est tout naturellement revenue dans l'intervention télévisée d'Emmanuel Macron le 13 avril. Le chef de l'État a reconnu que "nous n'avons pas pu distribuer autant de masques que nous l'aurions voulu pour nos soignants, pour les personnels s'occupant de nos aînés, pour les infirmières et les aides à domicile".
Il a néanmoins souligné la mobilisation du gouvernement, des collectivités, des industriels et des associations "pour produire et pour acquérir le matériel nécessaire". Et il a surtout annoncé que "d'ici trois semaines, nous aurons [...] multiplié par cinq la production de masques pour nos soignants en France et nous aurons produit 10.000 respirateurs supplémentaires sur notre sol". 

Les mairies mobilisées pour distribuer les masques lors du déconfinement ?

Dans la perspective du futur déconfinement, Emmanuel Macron a également affirmé que "l'État, à partir du 11 mai, en lien avec les maires, devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public". Et que "pour les professions les plus exposées et pour certaines situations, comme dans les transports en commun, son usage pourra devenir systématique". Cet engagement devrait être tenu "grâce à nos importations et grâce à la formidable mobilisation d'entrepreneurs et de salariés partout sur le territoire pour produire massivement ce type de masques".
Interrogé le 14 avril sur RTL, Olivier Véran a, de son côté, apporté quelques précisions sur cette distribution de masques lors du déconfinement. Le ministre de la Santé a notamment indiqué que ces masques seront "probablement disponibles" dans les mairies, puisque "l'hypothèse de procéder à partir des collectivités locales, des mairies, est effectivement une des hypothèses que nous envisageons". En outre, "ces masques auront aussi la capacité d'être lavables et donc d'être utilisables plusieurs fois". En revanche, l'incertitude règne encore sur leur éventuelle gratuité,  Olivier Véran s'étant borné à indiquer qu'il "imagine qu'ils seront donnés à la population".

 

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