Avec le confinement, la hausse des violences intrafamiliales se confirme

Les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur confirment ce qui était redouté depuis le début du confinement. Le nombre d'appels au 119 aussi.

Comme redouté dès le début de la mesure, le confinement favorise le développement des violences au sein des familles. Ce phénomène concerne les violences intrafamiliales – qui visent, au sens juridique, les violences sur des personnes de plus de quinze ans, donc essentiellement les violences conjugales – et celles envers les enfants. Lançant, avec d'autres ministères, une nouvelle action de sensibilisation et de mobilisation sur la question (voir notre article ci-dessous du 27 mars 2020), le ministère de l'Intérieur reconnaissait que "le contexte particulier de confinement, indispensable à l’endiguement de la pandémie de covid-19, constitue malheureusement un terreau favorable aux violences conjugales et intrafamiliales : la promiscuité, les tensions, l’anxiété peuvent y concourir".

Les chiffres du dernier tableau de bord hebdomadaire du ministère sur l'état de la délinquance enregistrés par la police et la gendarmerie durant la crise sanitaire au 12 avril 2020 confirment cette inquiétude. Après avoir baissé dans un premier temps, jusqu'à atteindre leur point le plus bas entre le 30 mars et le 5 avril avec 1.500 victimes enregistrées (mais sans doute pour partie en raison de la difficulté à signaler les violences en étant confiné avec son conjoint), soit environ 500 de moins que pour la même semaine en 2019, les violences intrafamiliales sont reparties à la hausse dans la semaine du 6 au 12 avril, avec plus de 2.000 victimes enregistrées. Le nombre de victimes rejoint ainsi celui de la même semaine en 2019. Cette reprise à la hausse est d'autant plus significative que toutes les autres formes de délinquance connaissent un véritable effondrement. A Paris, par exemple, on compte 11 cambriolages de résidences principales en une semaine contre 230 en temps "normal", soit une chute de 95%. Au niveau national, ces chiffres des cambriolages de logements chutent à un peu plus de 1.000 contre 4.000 un an plus tôt. Et les vols avec violence tombent à environ 500 dans la semaine du 6 au 12 avril, contre 1.600 un an plus tôt.

L'inquiétude prévaut aussi – et pour les mêmes raisons – sur les violences envers les enfants. Les chiffres sont moins précis que dans le cas du ministère de l'Intérieur, mais le numéro national d'appel pour l'enfance en danger – le 119 – indiquait, il y a une dizaine de jours, compter déjà 20% d'appels en plus, tandis que les appels considérés comme urgents progressaient de 60%. Cette hausse des appels tend même à s'accélérer : +15% la deuxième semaine de confinement (par rapport à la première semaine), +53% la troisième (toujours par rapport à la première)...
La hausse des appels est telle que le Snatem (Service national d'accueil téléphonique de l'enfance en danger, qui gère le 119) a dû publier un message urgent le 14 avril, indiquant notamment qu'"actuellement, et suite à plusieurs campagnes de sensibilisation, nous recevons un nombre important d'appels sur les lignes du 119" et qu'"il est ainsi possible que les agents du pré-accueil vous demandent de patienter avant de vous passer l'un de nos écoutants [...] ou vous demandent de rappeler ultérieurement ou de contacter une association autre [...] avec qui le service a mis en place des protocoles de gestion d'appels afin d'apporter écoute et conseils".

 

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