Éolien en mer : un pilier de la transition et de la souveraineté énergétique

L'éolien en mer est l'un des piliers de la stratégie nationale de décarbonation et de souveraineté énergétique. Déjà actionnaire de quatre parcs éoliens en service, en construction ou en développement, la Banque des Territoires soutient fortement cette énergie renouvelable au grand potentiel.

Cap sur 2050 : un objectif de 45 GW de puissance installée

La dernière Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE), publiée en février 2026, définit les objectifs de production d'énergies renouvelables pour baisser notre consommation d'énergies fossiles, réduire notre dépendance énergétique et atteindre la neutralité carbone à horizon 2050. Cette PPE 3 accorde une place inédite à l'éolien en mer et vise un développement fort de cette filière afin d'en faire un pilier de notre transition énergétique.

L'ambition à cette échéance est d'atteindre 45 GW de puissance installée pour l'éolien en mer, soit l'équivalent de 20 % de nos besoins en électricité. Une étape intermédiaire est fixée à 2035 avec 15 GW. À titre de comparaison, la puissance installée n'est aujourd'hui que de 2 GW, tandis que 5 GW sont actuellement en cours de construction ou de développement.

Ce coup d'accélérateur se concrétise par un très grand appel d'offres, lancé en avril 2026, qui porte sur 11 projets d'éolien en mer pour une puissance totale de 10 GW. Ce développement concerne toutes les façades maritimes du territoire avec des projets d'éolien posé et d'éolien flottant. L'appel d'offres N° 10, dont les lauréats seront désignés début 2027, prévoit de construire environ 5,25 GW d'éolien posé avec trois parcs dans la Manche et un parc dans l'Atlantique, ainsi qu'environ 4,9 GW d'éolien flottant avec deux parcs en Bretagne et cinq parcs en Méditerranée.

Une technologie maîtrisée au potentiel énergétique immense

La France dispose du deuxième gisement d'éolien en mer d'Europe, derrière le Royaume-Uni. Cette énergie renouvelable constitue un formidable potentiel. Les vents en mer, plus puissants et plus réguliers que sur terre, permettent de produire de l'énergie 90 % du temps. Le facteur de charge global de l'éolien en mer est ainsi très élevé et peut dépasser 50 %. L'autre atout est une bonne corrélation avec la consommation d’électricité car l'éolien en mer produit davantage en hiver.

Magali Parrenin, directrice d’investissement Énergies renouvelables à la Banque des Territoires.

L'éolien posé est aujourd'hui une technologie mature et parfaitement maîtrisée. En effet, le premier parc, aujourd'hui démonté, avait été mis en exploitation en 1991. Cette technique nécessite une profondeur n'excédant pas 40-50 mètres car les turbines sont plantées dans les fonds marins. L'éolien flottant permet de s'affranchir de cette contrainte grâce à des flotteurs ancrés dans les fonds marins. Plusieurs projets pilotes sont menés autour de cette technologie émergente qui se révèle moins invasive et, lors de la construction, moins soumise aux conditions météorologiques grâce à un grand nombre d'opérations qui peuvent s'effectuer à terre.

Éolien en mer : un facteur de vitalité territoriale et d'emplois

Les projets d'éolien en mer participent activement à l'économie des territoires. Cette filière soutient fortement la dynamique industrielle, l'emploi et le développement de nos régions. Certains turbiniers majeurs possèdent en effet des usines de nacelles ou de pâles en France, tandis que les ports d'assemblage connaissent une activité plus importante.

Une fois en service, les parcs génèrent des rentrées financières stables et renforcent l'attractivité des communes littorales. C'est le cas pour le projet Yeu-Noirmoutier qui vient d'entrer en activité : l'installation de la base d'exploitation et de maintenance sur l’île d’Yeu y a déjà favorisé l' arrivée de nouvelles familles, et le territoire percevra plus de 400 millions d'euros de taxes sur 30 ans.

Des projets construits en bonne intelligence et dans le respect des écosystèmes

Les populations, les ONG environnementales, les associations de pêcheurs… ont parfois décrié les projets d'éolien en mer. Mais au fil du temps, les différents acteurs ont appris à travailler ensemble, en bonne intelligence, et les recours ont diminué. Il faut dire que beaucoup de mesures sont mises en œuvre pour garantir le respect des écosystèmes et la protection des espèces. Des études d'impact pour « Éviter-Réduire-Compenser » sont réalisées en amont des opérations et des états des lieux permanents sont établis après la mise en service des parcs. En fonction des besoins, des mesures d'adaptation sont prises.

Pour faciliter la pêche, la position des éoliennes a été modifiée sur le projet Yeu-Noirmoutier, en concertation avec les acteurs locaux. Sur le projet du golfe du Lion, outre l’engagement réglementaire à mettre en œuvre des mesures d’évitement, de réduction et de compensation conformes au Code de l’environnement, des mesures de suivis innovantes (notamment radar, vidéo, télémétrie) permettent d’améliorer les connaissances relatives à l’impact généré par ce type de projet sur l’avifaune. Les parcs peuvent aussi avoir des effets intéressants. Les fondations et enrochements des éoliennes créent de nouveaux habitats pour les espèces marines. C'est ce qu'on appelle l'effet récif.

Magali Parrenin, directrice d’investissement Énergies renouvelables à la Banque des Territoires.

La Banque des Territoires : soutien de la première heure de l'éolien en mer

Dès le premier appel d'offres sur l'éolien en mer en 2011-2012, la Banque des Territoires s'est mobilisée pour accompagner le développement d'un projet à Saint-Brieuc dont elle est aujourd'hui sortie. Depuis, la Banque des Territoires a maintenu son rôle de premier soutien de la filière en devenant actionnaire, aux côtés d'Ocean Winds (joint-venture Engie-EDPR), dans quatre des quinze projets français d'éolien en mer.

  • Éoliennes en Mer îles d'Yeu et de Noirmoutier : ce parc de 61 éoliennes, d'une puissance de 488 MW, a été inauguré en juin 2026. Ce projet a généré près de 2 400 emplois directs et indirects en phase de construction et 80 emplois directs durables, dont 66 sur l'île d'Yeu, pour l'exploitation et la maintenance.
  • Éoliennes en Mer Dieppe-Le Tréport : ce parc de 62 éoliennes, d'une puissance de 496 MW, est dans sa dernière phase de construction pour une mise en service fin 2026. Environ 70 emplois équivalent temps plein seront créés pour assurer les opérations d’exploitation et de maintenance depuis la base située dans l’avant-port de Dieppe.
  • Éoliennes Flottantes du Golfe du Lion : ce parc, en activité depuis juillet 2026, est un pilote de trois éoliennes flottantes, chacune d'une puissance de 10 MW, au large de Leucate et du Barcarès. Le projet a mobilisé une dizaine d'entreprises et plus de 70 personnes pour sa phase d'assemblage sur le port de Port-la-Nouvelle. Une quinzaine d'emplois ont été créés pour superviser l'exploitation.
  • Éoliennes Flottantes d'Occitanie : ce parc de 250 MW est en cours de développement et devrait être opérationnel à horizon 2032. Ce projet devrait générer environ 5 millions d'heures de travail durant la phase de construction.

La Banque des Territoires, qui investit toujours de façon minoritaire en fonds propres et quasi-fonds propres, entre au capital des sociétés de projet à hauteur de 10 % à 30 %. Ce soutien financier est indispensable à la concrétisation de ces parcs durables (dont l'exploitation s'étend sur 30 à 35 ans) et dont le coût s'élève par exemple à quelque 2,5 milliards d'euros pour le projet des îles d’Yeu et de Noirmoutier. En se positionnant très tôt sur cette technologie performante et créatrice d'emplois locaux, l'institution a pleinement joué son rôle de facilitateur de la transition énergétique.

Il y a 15 ans, la Banque des Territoires a parfaitement assumé sa mission en prenant le risque d'accompagner un premier projet. Nous gardons ce rôle de pionnier et faisons une nouvelle fois le pari de l'audace en misant sur l'éolien flottant qui ouvre des perspectives majeures.

Magali Parrenin, Directrice d’investissement Énergies renouvelables à la Banque des Territoires.

Magali Parrenin

Directrice d’investissement Énergies renouvelables à la Banque des Territoires

Économiste et financière de formation, je suis directrice d’investissement dans le pôle Énergie, du département Transition écologique de la Banque des Territoires. Mon activité porte sur la conduite d'opérations d'investissement et l’administration de participations dans le secteur des infrastructures de production d'électricité renouvelable (éolien en mer et terrestre, solaire) avec un domaine d’expertise tout particulier sur l’éolien en mer.

Voir le profil LinkedIn

Voir aussi