Capitales françaises de la culture : le dossier sort enfin de sa léthargie

Le concours pour accéder au titre de Capitale française de la culture sera ouvert aux villes ou à des groupements de villes comptant de 20.000 à 200.000 habitants.

Il y a tout juste deux ans, Françoise Nyssen, alors ministre de la Culture, annonçait à Avignon le lancement, en partenariat avec France Urbaine, des "Capitales françaises de la culture [...] qui distingueront tous les trois ans l'innovation artistique et l'attractivité culturelle d'une ville et mettront en valeur le rôle des collectivités locales dans le domaine artistique et la coopération culturelle internationale" (voir notre article ci-dessous du 17 juillet 2018). Elle chargeait par la même occasion Bernard Faivre d'Arcier, ancien directeur du festival d'Avignon, de définir la procédure et les critères de sélection des villes et de travailler à la constitution d'un jury indépendant chargé d'attribuer le premier titre de Capitale française de la culture, alors envisagé pour 2021. Depuis lors, le dossier semblait quelque peu piétiner, le départ de Françoise Nyssen du ministère, en octobre 2018, n'y étant pas étranger.

Le projet a cependant fait une brève réapparition publique lors du conseil interministériel du tourisme (CIT) du 17 mai 2019 (voir notre article ci-dessous du même jour). L'appel à candidatures devait alors être lancé au deuxième trimestre 2020. A cette occasion, le CIT avait annoncé que "l'État soutiendra la capitale lauréate, en lui apportant un financement". Si le ministère de la Culture est resté depuis lors très discret sur le sujet, c'est un communiqué de France Urbaine du 9 juillet qui relance la dossier. Il indique en effet que le comité de pilotage s'est réuni le 7 juillet dans les locaux de la RMN (Réunion des musées nationaux), désignée comme opérateur du projet. Cette réunion "a permis de revenir sur les termes du dispositif". Il est ainsi confirmé que le concours pour accéder au titre de Capitale française de la culture sera ouvert aux villes ou à des groupements de villes comptant de 20.000 à 200.000 habitants (ce qui exclut au passage les métropoles et grandes villes représentées par France Urbaine). Le dossier de candidature insistera sur plusieurs critères d'évaluation : innovation et transmission artistique et culturelle, participation des habitants, solidarité territoriale, rayonnement et coopération internationale... D'autres critères seront également décisifs, comme l'inscription dans la durée, la capacité de mise en œuvre ou l'accessibilité aux personnes handicapées.

Un décret et deux arrêtés devraient prochainement préciser respectivement les modalités de mise en œuvre de ce label, le calendrier et la composition du jury. Il est envisagé de traiter une vingtaine de dossiers, présélectionnés par les Drac (directions régionales des affaires culturelles), ce qui "donnera lieu à une nouvelle vague d'examens et d'auditions". Comme annoncé l'État contribuera au dispositif à travers un abondement d'un million d'euros, apportés par le ministère de la Culture et la Caisse des Dépôts. L'objectif est désormais de désigner la première Capitale française de la culture en janvier 2022.

Le dispositif est bien sûr étroitement calqué sur celui des Capitales européennes de la culture. Lancé en 1985 par Mélina Mercouri, alors ministre grecque de la Culture, celui-ci a vite acquis une forte notoriété et une grande attractivité, permettant à des villes comme Lille (capitale en 2004) et Marseille (2013) de transformer profondément leur image.

 

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