Cnaf : 508,8 millions d'euros de fraude détectés en 2025, en hausse de 13%

La Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf) a indiqué ce mercredi 15 avril avoir détecté 508,8 millions d'euros de fraude en 2025, une hausse de 13% par rapport à l'année précédente (et de près de 45% par rapport à 2022), qu'elle attribue à la modernisation de son système et à sa politique de contrôle plus ciblée.

 La Cnaf, qui verse chaque année près de 100 milliards d'euros d'aides à 13,5 millions d'allocataires, a réalisé 29,2 millions de contrôles l'an dernier. La plupart (27,7 millions) sont réalisés de façon automatique, en vérifiant la cohérence des informations données par les allocataires auprès d'organismes partenaires, tels que France Travail ou les impôts.

Il y a en outre les "contrôles sur pièces" (1,6 million) consistant à demander des pièces justificatives. Enfin, une minorité des vérifications (83.000) sont effectuées par 700 contrôleurs qui reçoivent les allocataires ou se rendent chez eux.

"La fraude, contrairement à l’erreur de bonne foi ou de l’oubli, est caractérisée par l’intentionnalité : l’allocataire fait volontairement une fausse déclaration ou omet des éléments sur sa situation pour influer sur le montant de la prestation qu’il reçoit", précise bien la Cnaf. Selon elle, le fait que le montant global des fraudes détectées ait tant augmenté entre 2022 et 2025 alors même que le volume de fraudes détectées est quant à lui resté stable sur la période traduit un "ciblage en amélioration".

L'organisme met en avant deux avancées ayant permis cette amélioration des contrôles. D'une part, la mise en place des déclarations de ressources préremplies pour les bénéficiaires du RSA et de la prime d'activité, grâce aux informations automatiquement transmises par les employeurs et par des organismes partenaires. "En limitant le déclaratif sur la déclaration de ressources, la plus exposée aux erreurs, la CAF permet de sécuriser les droits versés, de réduire le risque de contrôles répétés pour les allocataires et de cibler les fraudes les plus importantes pour les CAF. Un an après sa généralisation sur l’ensemble du territoire, 96% des déclarations sont validées sans demande de modification, ce qui témoigne d’une fiabilité élevée des données transmises", peut-on lire.

D'autre part, la mise en oeuvre d'un algorithme (le DMDE, pour Datamining données entrantes) qui aide à cibler les allocataire à contrôler, qui avait été dénoncé par les associations de lutte contre la pauvreté mais sur lequel la Cnaf a nettement tenu à donner des gages de transparence et d'éthique (lire notre article de janvier dernier).

"En sécurisant à la source les données, la modernisation des déclarations réduit le risque et permet le déploiement d'une politique de contrôle plus ciblée et donc efficace", a déclaré Nicolas Grivel, directeur général de la Cnaf, cité dans un dossier de presse.

Les fraudes sont sanctionnées, souligne la Cnaf, par des pénalités et dans les cas les plus graves, par un dépôt de plainte. Au total, en 2025, les contrôles ont permis de régulariser 1,68 milliard d'euros. Parmi cette somme figure 1,27 milliard d'euros versées à tort aux allocataires, à la suite d'erreurs volontaires ou non de leur part. Le reste (408,9 millions d'euros) correspond à des sommes remboursées aux allocataires.

 

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