Comités territoriaux pour l’emploi : après l’installation, place à la mesure d’"impact"

Le gouvernement salue les premières avancées des comités territoriaux pour l’emploi, qui, après avoir défini leurs feuilles de route, affichent leurs premiers plans d’action pour améliorer l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi. 

Plus de deux ans après l’adoption de la loi pour le plein emploi, le ministère du Travail s’exprime sur les comités territoriaux pour l’emploi créés dans le cadre de cette réforme. Ces instances de coordination entre acteurs pour améliorer l’efficacité des politiques publiques de l’emploi sont désormais bien installées : dans un bilan diffusé lors de la dernière plénière du Comité national pour l’emploi, l’exécutif en décompte 470, tous échelons confondus. Dont 361 comités locaux pour l’emploi, soit la cible initiale prévue par l’administration. 

Ces comités territoriaux se sont mis au travail : au total, ils ont publié 1.476 "fiches action" devant concrétiser des objectifs définis dans leurs "feuilles de route". 52% de ces fiches portent sur la thématique de l’attractivité des métiers et 44% sur les métiers en tension. Le ministère du Travail vient de rassembler une poignée de "bonnes pratiques" issues de l’analyse de ces fiches, traces du travail réalisé dans les territoires. 

"Fiches action"

En Occitanie, le comité régional s’est donné pour objectif d’accroître le nombre de TPE et de PME accompagnées dans leurs recrutements par le biais d’une "team RH", plateforme régionale rassemblant différents opérateurs (France Travail, missions locales, conseil régional, Cap emploi, et services de l’État). Il s’agit du seul exemple relevant de cet échelon, peu présent dans cette première sélection d’initiatives, tout comme les comités départementaux.

L’intégralité des initiatives recensées est issue des comités locaux pour l’emploi (CLPE). A chaque territoire ses objectifs sectoriels : identification et diffusion des besoins en emplois saisonniers agricoles au CLPE de Châtellerault (Vienne), visite d’un parc ostréicole et de différents lieux de travail pour augmenter le nombre de candidats aux métiers de la mer au CLPE de Caen-Falaise (Calvados), rencontres entre femmes agricultrices et femmes en recherche d’emploi pour féminiser la filière agricole dans le Charolais-Brionnais (Saône et Loire)… 

Le comité de l’emploi de Carcassonne-Castelnaudary (Aude) envisage la création d’un groupement d’emploi pour l’insertion et la qualification (Geiq) dans le champ de la petite enfance afin d’accompagner des personnes éloignées de l’emploi dans ces métiers et ainsi augmenter le nombre de solutions de garde d’enfant. 

"Pilotage par l’impact"

Le gouvernement appelle à suivre le résultat de ces actions dans la durée, avec pour enjeu "l’appropriation du pilotage par l’impact". "L’utilisation, l’analyse et le croisement de la donnée doivent permettre de faire la part entre les résultats bruts d’une action et son impact réel afin de guider les actions du Réseau pour l’emploi. Chaque euro dépensé et l’énergie déployée par l’ensemble des acteurs doivent servir les publics et les entreprises", énonce le ministère du Travail dans son catalogue de bonnes pratiques. 

Par ailleurs, "les actions de l’échelon local doivent désormais se nourrir des travaux menés au sein des comités départementaux, régionaux et nationaux, afin que les moyens déployés le soient au plus près des territoires". 

"Comitologie" et financements

Dans son rapport public annuel 2026 (lire notre article), la Cour des comptes soulignait que "la mise en route de la gouvernance territoriale et la phase d’établissement des feuilles de route ont nécessité une organisation lourde et une comitologie qui a parfois semblé pesante aux acteurs locaux, actifs dans plusieurs instances". Le périmètre de l’arrondissement est jugé souvent trop large pour les acteurs locaux. 

Autre enjeu : la concrétisation des initiatives des acteurs locaux. "Le dynamisme de certains territoires se heurte au manque de moyens pour déployer, par exemple, des opérations sur l’attractivité des métiers", remarque Lucie Becdelièvre, déléguée générale d’Alliance Villes Emploi. Incertitude qu’avaient également identifiée les magistrats de la Cour des comptes.

 

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