Comptes publics 2025 : hausse "contenue" des dépenses des collectivités

En nette progression en 2023 et 2024, le besoin de financement des collectivités avait alors pesé sur le déficit public, suscitant des inquiétudes notamment à Bercy. Mais, il en a probablement été différemment en 2025, constate la Cour des comptes dans son rapport sur la situation des finances publiques. L'an dernier, les dépenses publiques locales auraient connu une croissance modérée et cette "dynamique" aurait été "quasi-neutre sur le déficit public". 

En "net ralentissement", la progression des dépenses des collectivités locales en 2025 ne devrait pas creuser le déficit public, salue la Cour des comptes dans son rapport sur la situation des finances publiques, rendu public ce 19 février.

Dans ces analyses reposant sur des chiffres provisoires, le ton contraste singulièrement avec celui du précédent rapport, publié il y a un an (voir notre article). Les magistrats financiers dénonçaient alors "l'emballement" des dépenses publiques locales, qu'ils expliquaient par la "dérive" des dépenses de fonctionnement. Ils anticipaient une nouvelle détérioration du solde des comptes locaux. Ces conclusions n'étaient pas sans rappeler à certains égards les propos accusateurs tenus quelques mois plus tôt par les ministres démissionnaires de l'Économie et des Comptes publics Bruno Le Maire et Thomas Cazenave sur le dérapage des dépenses des collectivités (voir notre article). Des affirmations qui avaient suscité une vague d'indignation chez les élus locaux. 

"Net ralentissement" des dépenses

En juin dernier, la Cour rendait des conclusions appuyées cette fois sur des chiffres définitifs pour l'année 2024 (voir notre article), un exercice marqué par un ressaut du déficit public à 5,8% du PIB. Le verdict : en hausse de 0,2 point de PIB, le besoin de financement des collectivités contribuait pour moitié à la dégradation du solde public total.

Ce scénario serait propre à 2024 et, donc, ne se serait pas reproduit l'année suivante. En effet, les dépenses totales des collectivités ont connu un "net ralentissement" en 2025, leur progression s'élevant à +2,2% en valeur (contre +4,5% l'année précédente). Retranchée de l'inflation, cette hausse se limite à +1%, soit "un rythme légèrement supérieur" à la croissance économique (+0,9%).

La modération des dépenses de fonctionnement (+2,3% en valeur, après +3,5% en 2024) s’explique par "le repli de l’inflation" et "la mise à la charge des collectivités d’une contribution au redressement des finances publiques", alors que celles-ci doivent respecter "des règles d’équilibre de leurs budgets", indique la Cour.

Investissement en progrès de moins de 2% 

Au passage, on rappellera qu'au début de l'automne, l'institution évaluait à 5,4 milliards d'euros les économies demandées aux collectivités en 2025, un montant bien supérieur aux 2,2 milliards d'euros affichés par le gouvernement Bayrou. Les magistrats jugeaient cet effort "important" et "significatif" (voir notre article).

De leur côté, les dépenses d’investissement des collectivités auraient connu un coup de frein en 2025, avec une progression limitée à 1,9% en valeur, après + 7,6% en 2024. Le résultat est en lien avec un fort recul des investissements des départements et des régions, "certains" d'entre eux faisant face à des "contraintes financières croissantes". En revanche, les investissements engagés par le bloc communal auraient poursuivi sur leur lancée en cette fin de mandat.

Du côté des recettes, la Cour relève en particulier que les départements ont bénéficié d'un rebond (+12,8%) des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), après deux années de fort recul.

Effort de 80 milliards d'euros

Au total, "en 2025, contrairement aux années précédentes, la dynamique de la dépense des collectivités locales serait ainsi quasi-neutre sur le déficit public", conclut la Rue Cambon. 

Après deux "années noires" (2023 et 2024), le déficit public de la France a connu une "inflexion", atteignant 5,4% du PIB fin 2025. Mais ce déficit demeure "le plus élevé de la zone euro", s'alarment les magistrats.

Pour 2026, le gouvernement prévoit de le ramener à 5% du PIB. Mais cet objectif est "encore très incertain". La Cour souligne en outre que l'effort est insuffisant. Poursuivre chaque année avec une réduction du déficit de 0,4 point de PIB par an - soit le rythme prévu pour 2025 et 2026 - ne permettrait de repasser sous le seuil d'un déficit à 3% du PIB qu’"à l’horizon 2032".

Pour atteindre ce but, aujourd'hui fixé à 2029, la France doit accomplir "un effort supplémentaire" chiffré à "80 milliards d'euros". Seules "des mesures d’économies structurelles" engagées "dès 2026" permettront selon la Cour d''y parvenir. Mais il faudra veiller à ne pas "hypothéquer le potentiel de croissance", complète-t-elle.

 

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