Congrès des maires : le premier pour certains, le dernier pour d'autres…
L'Association des maires de France a présenté ce 4 novembre les traits saillants de son 108e congrès qui aura lieu du 23 au 26 novembre. En tenant notamment compte du fait que plus de 40% des maires sont de nouveaux élus. Ce sera donc moins un congrès d'annonces – fin de quinquennat oblige – que d'information pour aider ces élus à réussir leur mandat.
© C.M/ Conférence de presse de l'AMF en présence d' André Laignel, David Lisnard
Voici qu'approche le Congrès des maires. Le 108e du nom. Rendez-vous est donné du 23 au 26 novembre à la porte de Versailles à Paris. L'an dernier, environ 12.000 élus locaux avaient fait le déplacement. Un peu trop tôt pour savoir combien ils seront cette année. Mais dans tous les cas, ce congrès est bien "le plus grand rassemblement d'élus locaux en Europe" voire au-delà, a rappelé ce 4 novembre l'actuel président de l'Association des maires de France (AMF), David Lisnard, en présentant l'événement à la presse. Pas étonnant ceci dit, la France battant tous les records européens en termes de nombre d'élus locaux (ce qui n'est à son tour pas étonnant, le pays représentant à lui seul 40% du total des communes de l'UE).
La spécificité de ce 108e congrès ? Le fait qu'il s'agisse du premier congrès de l'actuel mandat municipal et intercommunal. Mais aussi le fait que les élections de mars dernier aient fait émerger plus de 40% de nouveaux maires. Ces trois jours auront donc plus encore que de coutume une fonction d'information et de "conseil aux communes", souligne David Lisnard. Ceci à travers, outre les plénières, pas moins de 29 forums et 49 ateliers. Ainsi que 16 "parcours thématiques" devant "permettre à chaque élu de construire un programme adapté à ses besoins" (fondamentaux du mandat, statut de l'élu, intercommunalité, finances, RH…).
Parmi les thématiques qui seront déclinées au fil de ces multiples séquences, David Lisnard estime que la "révolution démographique" doit être mise "au sommet de l'agenda". Il mentionne aussi, pêle-mêle, "la criminalité organisée", la crise du logement, la transition écologique, la ruralité, le pastoralisme, l'outre-mer (la journée du 23 novembre y sera comme chaque année consacrée), le patrimoine, les risques majeurs, l'eau…
La gestion des ressources en eau fera d'ailleurs l'objet de la plénière du mercredi matin. Tandis que l'après-midi, il sera question, dans le grand auditorium, des "outils à disposition des maires pour anticiper les risques dans les communes rurales". Pour les deux autres plénières, du très classique : la décentralisation en ouverture, les finances locales en clôture. Sur ces sujets, les traditionnelles doléances de l'AMF ont été rappelées ce mercredi. "Nous ferons le bilan des dix années qui viennent de s'écouler (...) et de cette recentralisation que nous avons constatée et déplorée, puisque nous pensons qu'elle est l'une des principales causes des problèmes du pays", a ainsi résumé David Lisnard. Avec, côté finances, le courroux que l'on sait concernant le projet de loi de finances pour 2027, qu'André Laignel qualifie d'"attaque la plus brutale de la décennie". Ponctions (CPEB), TVA, FCTVA, remboursement différé du Dilico... Rien ne va.
Renouvellement
Attendue en point final du congrès, en principe, la venue soit d'Emmanuel Macron soit de Sébastien Lecornu. Le dernier congrès des maires pour cet exécutif. Pas certain d'ailleurs que l'on voit cette année autant de ministres que d'habitude participer aux divers forums.
Mais dernier congrès, aussi, pour le binôme David Lisnard – André Laignel. Ce dernier n'est plus maire d'Issoudun depuis mars dernier et ne sera donc plus non plus premier vice-président délégué de l'AMF. Et ce congrès sera donc aussi le moment de renouveler les instances dirigeantes de l'association. Un scrutin ouvert à tous les adhérents de l'association (voir les informations pratiques concernant ce scrutin sur le site de l'AMF). Pour la présidence, on le sait, deux candidats : de nouveau David Lisnard d'un côté, Philippe Laurent de l'autre (voir notre article). Pour le bureau et le comité directeur, une seule liste, "transpartisane", via laquelle Jean-François Debat succéderait à André Laignel.
Ce n'est un secret pour personne, David Lisnard est aussi candidat ailleurs – à l'élection présidentielle. Et a évidemment été questionné là-dessus ce mercredi. L'élu a indiqué qu'une direction collégiale assurera "pendant quelques semaines" la bonne marche de l'association s'il est réélu à sa tête. "Il n'y a aucune incompatibilité, ni juridique, ni éthique, et l'histoire de notre association en témoigne. (...) Les choses sont prévues pour que cela se passe bien", a-t-il déclaré. Ces "quelques semaines" seront celles de la préparation de l'audition par l'AMF des candidats à la présidentielle, qui devrait avoir lieu au printemps prochain puisque David Lisnard sera à ce moment-là, a-t-il dit, "de l'autre côté". "Je ne fais pas rentrer la présidentielle dans l'AMF", assure-t-il aussi en réponse à diverses critiques formulées ces derniers temps de part et d'autre. Mais l'approche de cette présidentielle sera de toute façon dans les esprits. Que ce soit dans les propositions qui seront formulées en vue de la résolution finale du congrès... ou dans les allées de la Porte de Versaille où, comme tous les cinq ans, l'on devrait entendre parler de chasse aux parrainages.