Salon des maires - Consommation énergétique des collèges : qui veut économiser 100.000 euros ?
S'inspirant de l'expérience de son voisin le conseil général (CG) du Nord, celui du Pas-de-Calais a présenté au Salon des maires le 26 novembre une initiative qui devrait intéresser tous les élus départementaux. "Elle est technique et nécessite un peu de personnel en interne pour la suivre et faire en sorte qu'elle fonctionne bien. Mais le jeu en vaut la chandelle et nous étions prêts à nous lancer", indique Cathy Dupont-Paccou, chef du service innovation énergie au CG du Pas-de-Calais. La réussite et les deux années de retour d'expériences du CG du Nord - qui a équipé 200 collèges de capteurs permettant de relever sur chaque établissement et de centraliser des informations et consommations liées à l'électricité, au gaz, à l'eau, aux calories s'il y a lieu (réseaux de chaleur) et aux températures intérieures et extérieures - ont fini de le convaincre.
Un déploiement en janvier
D'abord testée sur trois sites, la télé-relève sera généralisée d'ici janvier aux 117 collèges et 37 bâtiments publics du Pas-de-Calais. Elle couvrira les énergies déjà citées, avec le fuel en plus, qui chauffe encore certains collèges. Coût de l'opération : au moins un million d'euros en tout, soit 9.000 euros par collège et moitié moins pour les bâtiments publics nécessitant moins de points de mesure. "Le retour sur investissement sera de trois ans. Pour notre collectivité, l'énergie est l'un des rares postes que l'on peut réduire, à qualité de service constant". La solution choisie est développée par Netseenergy, filiale d'EDF, alors que son voisin a choisi Tervalys, un outil conçu par GDF Suez. NetSeenergy installera aussi, dans le principal bâtiment de services du Pas-de-Calais, où exercent un millier d'agents, une "horloge énergétique", dispositif multimédia mettant en scène l’information énergétique à travers le suivi des consommations du bâti et la valorisation d’éco-gestes. Il sera aussi mis à disposition via l'intranet du CG. Pour la télé-relève, les données sont transmises par onde radio et remontent toutes les heures, voire chaque minute pour l'électricité, vers un concentrateur. "Le gros du travail consiste ensuite à les interpréter, à les partager, à tracer les dérives constatées. Des agents formés à l'économie de flux peuvent s'y coller mais si on veut dégager de véritables économies, sur la chaleur notamment, il faut un œil expérimenté", explique Cathy Dupont-Paccou. Outre la collecte de données, l'outil semble efficace pour sensibiliser les occupants du bâtiment à la maîtrise de leurs consommations. "Les premiers mois d'observation sur plusieurs sites et des scénarios de fuite et de débits établis nous font penser qu'un gain de 100.000 euros est possible en très peu de temps, d'abord via des économies d'eau", complète-elle. Au CG du Nord, on ajoute que l'outil permet d'"être dans le préventif plutôt que dans le curatif et de mener efficacement des actions correctives sur la maintenance, l’exploitation des bâtiments, les comportements".