Morgan Boëdec / Victoires Éditions

Salon des maires - Qualité de l'air, mobilité, aménagement : l'Ademe prône une approche intégrée

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Les approches croisées ont le vent en poupe. Le 26 novembre, dans le cadre du Salon des maires, des spécialistes du ministère de l'Ecologie et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) ont présenté aux élus locaux des solutions améliorant l'intégration d'enjeux trop souvent abordés de façon isolée et liés à la qualité de l'air, à la mobilité et à l'urbanisme.

La transversalité d'approche bouscule les méthodes classiques de calcul, par exemple celles des bilans réglementaires de gaz à effet de serre, que les collectivités de plus de 50.000 habitants ont à (faire) réaliser. Au périmètre d'émissions classiques, l'Ademe teste ainsi dans le Nord-Pas-de-Calais une méthode ajoutant des données sur l'air et les sols, avec une flopée de nouveaux paramètres et en sondant les flux de carbone liés aux changements d’affectation des sols, par exemple lorsqu'une parcelle agricole est reconvertie en zone à urbaniser.
"Traiter et parler autrement de ces enjeux est important. Focaliser sur les pics de pollution ne sert à rien et ne tire guère en avant. Pourquoi ne pas parler de façon plus positive, plus constante de la pollution et des bénéfices qu'on peut tirer de sa réduction ? Ce serait plus constructif", a suggéré Edwige Duclay, chef du bureau de la qualité de l'air au ministère de l'Ecologie, lors de la conférence sur la mobilité, l'urbanisme et la qualité de l'air organisée par l'Ademe le 26 novembre au Salon des maires. "Il y a un travail à faire sur le 'porter à connaissance' des collectivités locales et pour mieux intégrer ce volet air dans leurs plans climat. Un appel à projets sera en ce sens lancé par l'Ademe", annonce José Caire, directeur Villes et Territoires durables à l'Agence. "Il serait aussi souhaitable que les plans de protection de l'atmosphère (PPA) soient moins isolés dans le panorama des plans existants et qu'ils se déclinent à travers les plans locaux d'urbanisme (PLU)", ajoute Edwige Duclay. 

Programme véhicule du futur : quel bilan ?

Sur les dix appels à manifestations d'intérêt (AMI) lancés par l'Ademe dans le cadre des investissements d'avenir et du programme "véhicule du futur" que l'Etat lui a confié, les entreprises sont les principales bénéficiaires, devant les organismes de recherche et les collectivités. "Sur les 950 millions d'euros de l'enveloppe, il reste la moitié et sur la soixantaine de projets soutenus, sept sortent du champ de l'innovation des transports terrestres (routiers et ferroviaires) et maritimes, et concernent des modes d'organisation, de mise à disposition de l'information, ce qui intéresse plus directement les collectivités", a indiqué Sophie Garrigou, responsable du programme à l'Ademe. Approvisionnement et distribution ne sont pas négligés : un appel à projets est attendu dans les prochains mois sur les infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL), à destination des places portuaires.
Soutenu à hauteur de 3,8 millions d'euros par l'Ademe, le projet Bretagne Mobilité Augmentée (BMA) intéressera encore plus, de par sa reproductibilité, les décideurs publics et privés. Sur plusieurs sites du bassin de vie rennais, il a débuté par une fine étude de la demande de déplacements. Et, deux ans après son lancement, il entre dans le concret et débouche sur de premières actions. Son originalité : au lieu de plaquer des solutions toutes faites, il part des besoins du terrain pour élaborer collectivement une réponse de proximité. Sur le campus de la ville de Bruz (Ille-et-Vilaine), deux actions récentes en témoignent : un système d'autostop organisé - bon complément au bus et au covoiturage - et la livraison collective de courses sur le campus. Les 6.000 étudiants souvent non motorisés et les 1.000 salariés du campus qui, eux, généralement le sont, s’entraident ainsi à partir de quatre arrêts matérialisés par une signalétique, implantés à des points stratégiques pour aller du campus au centre-ville ou vers Rennes. Pour générer de la confiance, le conducteur arbore un macaron et l’autostoppeur une carte obtenus auprès de la mairie.
Dernier dispositif évoqué, celui du déploiement d'infrastructures de recharge pour les véhicules hybrides et électriques. Doté d'une enveloppe de 53 millions d'euros, avec des seuils d'éligibilité depuis peu assouplis et une échéance prolongée d'un an - les dossiers sont à déposer jusqu'au 31 décembre 2015 pour des travaux réalisés au plus tard au 31 décembre 2017 - il va pour l'heure financer 23 projets et cinq autres sont en cours d'instruction. "Des collectivités du Loir-et-Cher, de Bretagne et du Centre vont être soutenues. Ce qui démontre bien que le véhicule électrique n'est pas seulement fait pour la ville mais est encore plus pertinent en secteur périurbain ou rural", a conclu Sophie Garrigou.

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