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Déconfinement le 11 mai : Jean-Baptiste Djebbari fait le tour des enjeux pour les transports

Du maintien des investissements ferroviaires aux premières pistes de déconfinement des transports urbains, le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a livré des éléments d'information aux parlementaires lors d’une audition vidéo le 23 avril devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale.

Au moment du déconfinement progressif du pays et du retour d’une partie des élèves à l’école, les transports scolaires seront-ils soumis à un système de réservation pour y faire respecter la distanciation sociale ? Dans ce domaine, "beaucoup de questions restent en suspens", a confié à Europe 1 la sénatrice de Charente Nicole Bonnefoy, qui préside l'Association nationale pour les transports éducatifs de l'enseignement public (Anateep). "La réservation est une piste étudiée avec les collectivités et régions pour réguler ces transports et éviter qu’ils soient bondés", a confirmé ce 23 avril Jean-Baptiste Djebbari, lors d’une audition devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale.

Ferroviaire : maintenir le cap malgré les pertes sèches

Le secrétaire d'État a surtout rassuré les parlementaires sur le volet ferroviaire et la volonté du gouvernement de ne pas désinvestir dans ce domaine sonné par la crise : "Il n'est pas question d'annuler des investissements ferroviaires : en rien, l’ambition n'est altérée". Évoquant les pertes rencontrées par la SNCF, liées à la chute des recettes commerciales des TGV et des péages perçus par SNCF Réseau, il acte un principe de réalité : "Il faut rephaser la trajectoire financière du groupe public mais sans renier nos ambitions gravées dans la loi d’orientation des mobilités (LOM)." Des calendriers sont à retravailler du fait des travaux ralentis ou suspendus. Et des projets à revisiter en tirant les conséquences de la crise. "Il faudra également agir sur le fret ferroviaire, qui se maintient durant la crise à un bon niveau mais reste un chantier essentiel de la seconde partie du quinquennat, en aidant des acteurs du secteur à se rapprocher notamment au niveau européen, et en instaurant une logique d’appels d’offres pour exploiter des axes comme Perpignan-Rungis", a-t-il complété.

Lisser les pointes en réorganisant les horaires de travail

Au sujet du déconfinement des transports, le secrétaire d’État a pointé la nécessité concernant les vols et transports internationaux d’une coordination dans les mesures pratiquées par chaque pays : "J’ai dans ce sens beaucoup d’échanges avec mes homologues européens et asiatiques." L'interministériel par ailleurs s’active pour adapter le déconfinement des transports collectifs urbains au redémarrage économique secteur par secteur, et activité par activité. Les autorités organisatrices craignent la concentration des voyageurs aux heures de pointe. Certaines préconisent le maintien du télétravail pour un maximum de salariés. Ou, s’agissant du transport scolaire, de décaler les horaires de début des classes le matin. Un même effort de décalage des horaires est à l’étude au niveau des entreprises et administrations. "Pour éviter une concentration dans les transports en commun et lisser les heures de pointe, des scénarios et hypothèses structurantes sont à l’étude avec le ministère du Travail", confirme Jean-Baptiste Djebbari.

La remontée en puissance de l’après-11 mai

L'offre de transports publics doit être selon lui la "plus importante possible" et le port du masque probablement rendu obligatoire pour permettre aux personnes de se déplacer lors du déconfinement. Ce 24 avril, le secrétaire d'État aux Transports a ainsi affirmé sur RMC/BFMTV avoir demandé aux opérateurs de transport de mettre en place un maximum d’offres car "plus on en a, moins on a de personnes dans les mêmes rames au même moment". Concrètement du côté du réseau des transports parisiens, comme l'a déclaré sur France Inter ce 24 avril Catherine Guillouard, présidente de la RATP, l’objectif est "de rallumer 70% de l'offre du réseau en moyenne" à partir du 11 mai, par rapport à une journée normale d'avant la crise, contre 30% actuellement. Pour la RATP comme pour Transdev, qui exploite de nombreux réseaux de transports urbains, la distanciation sociale ne sera pas applicable car elle reviendrait à limiter radicalement la capacité d'emport moyenne des véhicules. Enfin, Jean-Baptiste Djebbari a rappelé aux parlementaires qu’il faudra être attentif à l’organisation "la plus fluide possible" du retour des Franciliens partis juste après le confinement. Au début du confinement, la SNCF avait déjà mis en place un dispositif de réservation obligatoire pour réguler les flux et le remplissage des trains.

 

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