Décret "son" : vers une évolution de la réglementation pour les festivals de musique en plein air
C'est un sujet de préoccupation ancien pour les organisateurs de festivals de musique qui est sur le point d'évoluer. Depuis la parution, en 2017, du décret "son" relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés, les organisateurs dénoncent une réglementation inadaptée, voire inapplicable. En effet, ce texte oblige, en plus d'études d'impact coûteuses, à ne pas dépasser une certaine différence – appelée "émergence spectrale" – entre le niveau sonore de l'événement et le bruit résiduel du site, ce qui met potentiellement hors la loi les évènements musicaux se déroulant en pleine nature, là où le bruit résiduel est très faible.
Face à la pression des professionnels (Agi-son, Ekhoscène, Syndicat des musiques actuelles, etc.), le ministère de la Culture a mis en place, en juin 2025, un groupe de travail technique. Ce dernier vient de remettre son rapport dans lequel il propose deux pistes d'évolution réglementaire. La première vise à créer une procédure dérogatoire permettant au préfet "de substituer au critère d'émergence, pour les festivals en plein air qui en font la demande et sur la base de l'étude de l'impact des nuisances sonores, une condition de respect de maxima de pression sonore en périphérie du site de diffusion intégrant un critère de maîtrise des basses fréquences". La seconde entend créer "des facteurs correctifs du critère d'émergence propres aux festivals de plus de trois jours pour tenir compte des éléments de concertation, d'exposition et de protection mis en place".
Selon un communiqué du ministère de la Culture du 17 avril, "ces deux propositions ouvrent la voie à une évolution de la réglementation vers des dispositions techniquement plus facilement applicables par les professionnels à condition de permettre d'atteindre à la fois l'objectif de maintien équivalent de la protection du voisinage et de soutien des festivals".
Dans la foulée, le gouvernement annonce qu'il va analyser ces propositions et entamer "une phase de large concertation", notamment au sein du Conseil national du bruit et du Haut Conseil de la santé publique.