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International - Des collectivités avides d'affaires étrangères

Les collectivités locales peuvent-elles peser dans les affaires européennes et internationales ? Elles s'y emploient de plus en plus, comme l'a rappelé mercredi 6 juillet, à Paris, un colloque organisé par l'Association française du conseil des communes et régions d'Europe (AFCCRE). Un principe est désormais reconnu : celui de la "gouvernance multi-niveaux", qui attribue aux collectivités un rôle dans l'élaboration des politiques publiques aux niveaux européen et mondial. Le Comité des régions, pour l'Union européenne, et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, pour le Conseil de l'Europe, illustrent cette consécration. "Les collectivités sont devenues incontournables", se félicite Amaury Bodhuin, chargé de mission à l'AFCCRE. "La Conférence de Cancun, en 2010, leur a encore reconnu un rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique." Et la Commission européenne a elle-même lancé une "Convention des maires pour une énergie durable" afin d'appuyer leurs efforts. Vice-président de la région Languedoc-Roussillon, Jean-Claude Gayssot a pour sa part donné un exemple de coopération décentralisée, avec l'eurorégion Pyrénées-Méditerranée, constituée dès 2004 avec ses homologues français de Midi-Pyrénées, et espagnols de Catalogne, Aragon et Baléares.
Il reste, pour une Europe "en crise de confiance et d'efficacité", à savoir "mieux associer les responsables à tous les niveaux, et notamment au plus près des gens, c'est-à-dire au niveau territorial", estime Jean-Claude Gayssot. L'ancien ministre appelle à donner "davantage de capacités aux régions". Philippe Laurent, président délégué de l'AFCCRE, acquiesce : "Les Etats, aujourd'hui affaiblis, ne pourront faire progresser la construction européenne si les collectivités ne s'impliquent pas." Cependant, "la France est encore beaucoup trop centralisée pour permettre une complète mobilisation des collectivités", regrette Philippe Laurent, également vice-président de l'Association des maires de France. Il plaide notamment pour une affectation directe aux régions des fonds européens qui leur sont actuellement redistribués par l'Etat.
L'adjointe au maire de Bordeaux Sonia Dubourg-Lavroff estime néanmoins qu'il doit revenir à l'Europe de "définir les stratégies face aux grandes questions globales. Ce qui n'empêche pas que les villes et les régions aient des capacités pour les mettre ensuite en œuvre." Cette directrice des relations européennes, internationales et de coopération, aux ministères de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, rappelle aussi un "idéal républicain" : celui de l'égalité. Or en matière de soutiens à la mobilité étudiante, par exemple, "certaines régions, telles qu'Aquitaine ou Rhône-Alpes, sont bien plus à la pointe que d'autres. Dès lors, les étudiants n'ont pas tous les mêmes chances d'une région à l'autre". Jacobins et fédéralistes ont encore de quoi débattre…

 

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