Des opportunités d’emploi dans le secteur de la défense
À l’heure où s’ouvre le salon Eurosatory (15 au 19 juin) dédié au secteur de la défense, les besoins en termes de compétences n’ont semble-t-il jamais été aussi élevés dans ce secteur d’activité, ce qui fait craindre des risques de tension sur le marché du recrutement.
© @Armees_Gouv
Après l’édition 2025 du salon de l’aéronautique du Bourget, place à Eurosatory, l’événement mondial du secteur de la défense. Deux secteurs d’activités intimement liés du fait de la nature même d’acteurs économiques que l’on retrouve indifféremment dans l’un comme dans l’autre et qui, en matière d’emploi, recrutent le plus souvent pour des compétences identiques. C’est dans ce cadre que le groupe Randstad annonce avoir identifié près de 3.000 "opportunités d’emploi" pour les professionnels des deux secteurs. Dans le détail, le spécialiste du recrutement évoque 700 postes en région Occitanie, 500 en Nouvelle-Aquitaine, comme en Île-de-France ou dans les Pays de la Loire, 300 en Auvergne-Rhône-Alpes et en Paca ou encore 200 dans les Hauts-de-France. Des postes qui concernent tous les profils, depuis le soudeur jusqu’à l’ingénieur systèmes, que ce soit en CDI, CDD ou en intérim.
S’agissant plus spécifiquement du secteur de la défense, Randstad s’appuie sur une note publiée en mars dernier dans le contexte des discussions sur l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). Cette note rappelait notamment que l’Observatoire des métiers de la base industrielle et technologique de défense (BITD) estimait que 9 métiers sur 10 étaient en tension, que ce soit "dans le cœur de chaîne" où l’on retrouve les métiers de soudeur, d’usineur ou encore de technicien de maintenance, ou dans les fonctions technologiques liées à la cybersécurité et à l’intelligence artificielle. La note soulignait également le risque de choc démographique "imminent" qui va se traduire par le départ en retraite annoncé de près de 30% des effectifs actuels d’ici 2030 dans le secteur de la défense.
Adapter les formations aux besoins des entreprises
L’une des principales caractéristiques du secteur de la défense, c’est la présence d’acteurs industriels sur l’ensemble – ou presque – du territoire national. La région Bretagne, par exemple, revendique 60.000 emplois liés à l’industrie de défense. Son président, Loïg Chesnais-Girard, a d’ailleurs présenté fin mai un plan d’action destiné à soutenir la filière en matière de formation afin de mieux répondre "aux besoins des industriels". Selon la région, près de 500 entreprises sont directement concernées par les marchés de la défense à travers la présence de grands donneurs d’ordres tels que Naval Group, Safran ou encore Thales. Le plan d’action régional prévoit donc la mise en place d’un accélérateur "Booster défense", de prêts à taux préférentiels ou encore la création d’un Pass défense permettant l’octroi de subventions à l’investissement. Sans oublier le pilier essentiel de ce plan qui concerne le "renforcement de la formation en répondant aux besoins en compétences et de recrutement des entreprises". En avril dernier, c’est en région Paca que s’est tenu le Toulon Defense Event. Un événement au cours duquel 500 offres d’emplois ont été proposées, selon les organisateurs. Le tout dans un département (Var) qui abrite la principale base navale de Méditerranée et qui revendique 31.000 emplois directs et 13.000 indirects.
Signe de la vitalité du secteur dans les territoires, en mai dernier, le Campus des métiers et des qualifications industrie souveraine, France Travail Auvergne-Rhône-Alpes et le cluster Eden ont dévoilé quant à eux une feuille de route partenariale qui entend surfer sur les prévisions à horizon 2030 du BITD qui anticipe 100.000 recrutements dans le secteur de la défense à l’échelle nationale. Une feuille de route qui entend renforcer l’attractivité des métiers, l’adaptation des compétences aux besoins des entreprises et mieux soutenir les recrutements ainsi que la sécurisation des parcours. On peut également citer la présence pour la 6e édition consécutive d’Eurosatory d’une délégation d’une vingtaine de PME et d’ETI normandes réunies sous la bannière de la filière Normandie AéroEspace (NAE) qui porte depuis quelques mois avec la région Normandie un fonds Normandie Défense unique en France, destiné aux PME régionales et visant à les accompagner dans le renforcement de leurs fonds propres : la clé de leurs investissements comme de leurs recrutements à venir. Dans le prolongement d’Eurosatory, NAE a d’ores et déjà confirmé sa présence lors du salon EuroNaval qui se tiendra en novembre prochain.