Des potentiels de main-d’œuvre sous-exploités au niveau européen

La Commission européenne a publié mi-septembre son rapport annuel sur l’Evolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe (ESDE). Un document dans lequel l’institution souligne la nécessité de mieux intégrer sur le marché du travail les femmes, les séniors, les migrants et les personnes handicapées afin de lutter contre les pénuries de main-d’œuvre actuelles et à venir.

Dans son rapport annuel sur l’Evolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe, la Commission européenne fait le constat qu’une meilleure intégration au marché du travail de plusieurs "groupes sous-représentés", les seniors, les femmes, les handicapés et les migrants, apporterait une réponse efficace aux pénuries de compétences au sein de l’Union européenne. L’horizon, souligne la Commission, c’est la perte d’ici à 2050 de près de 18 millions de personnes en Europe du fait des mutations démographiques à l’œuvre.

A l’heure actuelle, 51 millions de personnes, soit 1/5e de la population en âge de travailler, se trouve en dehors du marché du travail. Une population au sein de laquelle les femmes, les 55-64 ans, les personnes handicapées ou encore les migrants sont particulièrement représentés. Mieux les intégrer au marché du travail permettrait ainsi de contribuer à atteindre l’objectif d’un taux d’emploi de 78% au sein de l’Union européenne à horizon 2030, un enjeu de cohésion sociale, rappelle la Commission. En 2024, 1,8 million d’emplois supplémentaires ont été créés, portant le taux d’emploi à 75,8% et faisant chuter le taux de chômage à 5,9%, soit un niveau qualifié d’"historique". Pour autant, les marges de progression restent importantes, estime la Commission.

32 millions de femmes excluent du marché du travail en Europe

Pour atteindre cet objectif d’un taux d’emploi de 78%, le rapport suggère plusieurs pistes. La première concerne l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail qui reste aujourd’hui inférieure de 10 points à celle des hommes. Près de 32 millions d’entre elles seraient actuellement exclues du marché du travail. Les principaux obstacles tenant pour l’essentiel "aux responsabilités familiales non rémunérées" qui leur incombent le plus souvent. La Commission milite à ce titre pour une mise à disposition plus étendue de services de garde d’enfants. S’agissant des séniors, l’Union européenne compte sur son territoire 20 millions de 55-64 ans qui sont absents du marché du travail. "Ce qui s’explique souvent par la réglementation en matière de retraite, des problèmes de santé ou une flexibilité insuffisante du travail". Parmi les pistes d’amélioration, le rapport cite la formation et l'orientation professionnelles qui "peuvent contribuer à maintenir l'activité des travailleurs plus âgés". La population de migrants constitue également, estime la Commission, un vivier important de main-d’œuvre dont la reconnaissance des compétences contribuerait à favoriser leur intégration. On dénombre actuellement dans les pays européens près de 7 millions de migrants qui ne sont pas intégrés à la population active.

En dernier lieu, le rapport de la Commission européenne souligne que sur 44 millions de personnes handicapées en âge de travailler, seulement 56,4% occupaient un emploi en 2024 contre 84% pour les personnes sans handicap. Le rapport fait le constat que les systèmes de quotas, les mesures de lutte contre les discriminations ou encore les placements professionnels ciblés "sont des outils efficaces en faveur de leur intégration".

 

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