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Dessine-moi un territoire connecté

Le comité de filière numérique organisait le 12 septembre 2020 la première étape d'un tour de France des territoires connectés à Angers. Objectif : convaincre les collectivités de se lancer dans des projets de "smart territoire" en alliant exemples inspirants et travail collaboratif pour dessiner une méthode.

Le choix d'Angers pour débuter ce "tour de France des territoires connectés" était tout sauf un hasard. La métropole angevine symbolise en effet la renaissance industrielle et la transformation numérique des territoires. Sa cité des objets connectés fédère plusieurs leaders de la French Tech et son projet de ville intelligente, piloté par un consortium d'industriels, fait désormais figure de modèle. 

Préparer l'après-fibre

Une alliance gagnante que les fédérations professionnelles du numérique à l'origine de ce tour de France souhaitent démultiplier. Avec pour première difficulté un décalage entre le discours des élus et leur traduction en projets concrets. "Si les sondages auprès des collectivités font état d'un intérêt pour les territoires intelligents, le nombre de projets aboutis reste faible" a déploré Étienne Dugas, le président de la fédération InfraNum. C'est la raison pour laquelle cette thématique figure en bonne place dans le contrat stratégique de filière signé fin 2019 par les fédérations d'industriels du numériques (Afnum, Fédération Française des Télécoms, InfraNum et Sycabel) avec le conseil national de l'industrie. Son objectif ? développer les usages numériques dans les territoires et anticiper, par la même occasion, la fin du chantier de la fibre en créant de nouveaux débouchés pour les fleurons français du numérique.

Financer l'innovation avec les économies

Le projet angevin illustre cependant la complexité des projets d'envergure. Pas moins de 150 réunions de travail et un an de "dialogue compétitif" avec les entreprises ont été nécessaires pour faire naître ce projet qui a pour objectif de réduire l'empreinte écologique tout en développant l'innovation servicielle. Comme son alter ego dijonnais, il est bâti sur une mécanique de réinvestissement des économies réalisées par la collectivité dans des services à valeur ajoutée pour les habitants. Le groupement d'entreprises qui associe Engie, Suez, La Poste et Vive s'est ainsi engagé contractuellement à réduire la facture d'éclairage urbain (- 66% d'économie visés), d'eau (-30% sur l'arrosage) et des bâtiments publics (-20% sur les consommations énergétiques). La métropole dispose par ailleurs d'une maquette 3D pour simuler ses politiques publiques, en matière de risques ou d'aménagements, et d'un embryon d'"hyperviseur" coordonnant plusieurs "superviseurs" métier (voirie, sécurité, déchets…). Un outil au service du "désîlotage" des services, au cœur de la plupart des projets de smart territoire.

Mettre le smart territoire à la portée de tous

Dans les territoires ruraux, le véritable défi est cependant de ne pas laisser les petites collectivités sur le bord du chemin. Dans le département de Loire, le syndicat d'énergie - qui vient d'achever la livraison des points de raccordement FTTH sur l'ensemble du département -a ainsi travaillé sur "l'industrialisation" de plusieurs services comme le pilotage de l'éclairage public, la télégestion des bâtiments où la mesure de la qualité de l'air dans les établissements scolaires. "Ces services bénéficient à la ville centre de 40.000 habitants comme à une petite commune de 50 habitants" a fait valoir Christophe Ferragne, DGA du syndicat d'énergie du département de la Loire. Des capteurs qui s'appuient sur un réseau LoRa – réseau bas débit longue portée dédié aux objets connectés - dont le syndicat est propriétaire et qui bénéficiera à l'ensemble de ses membres. 

Industrialiser le concept ?

L'émergence de nouveau projets devrait être facilitée par les financements du plan de relance. InfraNum a du reste profité de la présence (éclair) du secrétaire d'État au numérique, Cédric O, pour le féliciter des 7 milliards affectés au numérique (notre article du 4 septembre). L'association rêve désormais d'un modèle de territoire intelligent dont les briques pourraient être "industrialisées", assemblées puis personnalisées à l'échelle locale. Pour esquisser ce modèle, les participants – parmi lesquels beaucoup de représentants d'entreprises privées et bien peu de collectivités - ont été invités à plancher sur les "enjeux d'un territoire intelligent", les "partenaires à associer" ou encore "les services à déployer". Sans surprise ces travaux ont surtout mis en valeur l'importance de mettre les citoyens-usagers "au centre" et d'une "co-construction des projets" avec l'ensemble des acteurs du territoire. La nécessité de trouver la "bonne échelle" pour porter le territoire intelligent a également émergée. 
Ces ateliers, comme ceux qui devraient suivre en région dans les semaines à venir, devraient déboucher dans quelques mois sur un rapport au conseil national de l'industrie et l'élaboration d'un guide pratique à destination des territoires.

 

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