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Difficultés financières des transports publics : le Gart alerte Emmanuel Macron

Le Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart) a rendu public ce 25 mai le courrier qu'il a adressé à Emmanuel Macron pour l'alerter sur le trou financier creusé par la crise du coronavirus dans les transports publics, estimé à environ 4 milliards d'euros du fait de la baisse du versement mobilité et des recettes tarifaires.

Dans un courrier adressé au président de la République le 20 mai et rendu public ce 25 mai, le Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart) prévient que les collectivités locales vont devoir faire face "à un déficit de ressources qui va se chiffrer, à la fin de l'année en cours, à près de 2 milliards d'euros en termes de versement mobilité et à plus 2 milliards d'euros pour ce qui est de la baisse des recettes tarifaires".

Risque de baisses, voire d'interruptions de services

Le versement mobilité, une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 salariés, représentait avant la crise "le tiers des ressources pour financer le transport du quotidien en Île-de-France et près de la moitié en province", rappelle le Gart, mais la mise en chômage partiel d'une bonne partie des actifs a fait chuter son rendement. En outre, les coûts ont augmenté pour les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) du fait des frais supplémentaires pour cause de nettoyage et désinfection des véhicules et stations, installation d'une signalétique spéciale, achats de masques, etc.
"Conformément à ce qui leur avait été demandé par le gouvernement, les AOM continuent à assumer leurs obligations (...), mais, si une compensation de la baisse du versement mobilité et des recettes tarifaires n'était pas rapidement décidée, certaines AOM pourraient être dans l'obligation de diminuer, voire de cesser de verser, leur contribution forfaitaire aux opérateurs de mobilité dans les prochains mois", écrit Louis Nègre, le président du Gart. "Cela pourrait entraîner des baisses voire même des interruptions de services dans les transports du quotidien si importants pour les Français", a-t-il mis en garde dans son courrier qui met en exergue quatre exemples représentatifs de collectivités qui ont à faire face à des difficultés financières.

Quatre exemples d'AOM en proie à des difficultés financières

"Sans évolution de sa situation financière, Ile-de-France Mobilités ne sera plus en mesure, à compter de la fin août, de s'acquitter de sa contribution auprès de ses opérateurs" - essentiellement la RATP et la SNCF -, a-t-il ainsi prévenu. "A minima, le Syndicat Mixte des Mobilités de Touraine perdra plus de 20% de son budget annuel de fonctionnement alors que sa contribution auprès de son opérateur se monte à 66 millions d’euros en situation normale", souligne aussi le Gart. Pour le Syndicat des Mobilités Pays Basque‐Adour, la crise du Covid‐19 devrait entraîner une perte de ressources de 6,2 millions d’euros (près de 10% des ressources annuelles 2020), indique-t-il. Le Syndicat intercommunal de transport urbain Tout’en bus, qui rassemble 11 communes autour de la ville d'Aubenas, en Ardèche, a quant à lui annulé l’ensemble des investissements prévus pour 2020 (parkings de covoiturage, achat de vélos à assistance électrique, développement de l’autopartage) et s'inquiète du niveau d’offre de transport qu’il sera en mesure de proposer pour la prochaine rentrée scolaire, pointe-t-il encore.  
"Alors que le gouvernement a mobilisé 7 milliards d'euros pour sauver Air France et qu'un plan de relance est prévu pour l'industrie automobile, les élus du Gart ne comprendraient pas que les transports du quotidien, sans lesquels aucune reprise économique ne sera possible, soient laissés de côté", a plaidé Louis Nègre dans sa missive.

 

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