Économie sociale et solidaire : le RTES outille les élus à l'occasion des municipales
Création d'emplois et d'entreprises non délocalisables, innovation sociale et réponses adaptées aux enjeux territoriaux et aux besoins des habitants, contribution à la transition écologique et à la cohésion sociale… Cette économie de la proximité apporte de nombreux bénéfices aux territoires, défend le RTES avec son "Kit MunicipalESS" qui sera présenté lors d'un webinaire le 26 février 2026. Le message aux élus et candidats aux élections municipales est simple : il est possible d'agir de multiples façons pour faire une place à l'ESS dans les politiques communales et intercommunales.
Pourquoi et comment mettre en place une politique de soutien à l'économie sociale et solidaire (ESS) ? Quels leviers les communes et intercommunalités peuvent-elles mobiliser pour favoriser le développement de l'ESS et agir avec ces acteurs au bénéfice des habitants et du territoire ? Qu'est-ce qui a déjà été expérimenté et que peuvent en dire les élus concernés ? C'est pour répondre à ces questions de façon très concrète que le Réseau des collectivités territoriales pour une économie sociale et solidaire (RTES) a créé son Kit MunicipalESS 2026, une vision largement mise à jour et enrichie par rapport à une première version diffusée en 2020 (voir notre article). Cet outil sera présenté aux élus, candidats aux élections et agents ce jeudi 26 février 2026 lors d'un webinaire.
Quels "premiers pas de l'élu en charge de l'ESS" ?
Favoriser la création "d’emplois durables et d’entreprises non délocalisables", répondre à des besoins non satisfaits des habitants et développer ainsi l'attractivité du territoire, œuvrer en faveur de la transition écologique et de la cohésion sociale, "contribuer à la relocalisation et à la réindustrialisation" : autant de raisons pour une commune ou une intercommunalité de miser sur l'ESS, détaillées dans une fiche réalisée avec ESS France.
"L'ESS génère aussi de l'innovation sociale et de l'implication citoyenne", a souligné Mahel Coppey, présidente du RTES, lors d'un premier webinaire de présentation ayant eu lieu le 26 janvier 2026. "Il est crucial que les élus intègrent l'économie sociale et solidaire dans leurs projets de territoire", témoigne dans le document Fabrice Dalongeville, président de l’Association des maires ruraux de l’Oise et maire de la commune de Auger-Saint-Vincent.
Le kit comporte 30 fiches, à commencer par quatre fiches introductives dont l'une aborde "Les premiers pas de l'élu en charge de l'ESS" – comprendre le cadre, dresser un état des lieux, repérer et rencontrer les principaux acteurs, se doter d'une feuille de route, mobiliser les ressources existantes… Douze fiches portent ensuite sur les "leviers" transversaux d'action (commande publique responsable, modes de contractualisation entre collectivités et acteurs de l'ESS, accès au foncier des acteurs de l'ESS, "accompagner la création d'activités et d'entreprises ave l'ESS"…) et 14 fiches sont thématiques. Il est question dans ces dernières de la façon dont les communes et intercommunalités peuvent mobiliser l'ESS dans le cadre de leurs différentes politiques publiques : revitalisation des centres-villes, enfance et famille, agriculture et alimentation, mobilité, politique de la ville, transition énergétique, gestion des déchets, grand âge, habitat, santé et accès aux soins, etc.
Culture, petite enfance, éducation à l'entrepreneuriat… des initiatives multiples
En matière de culture, les collectivités sont ainsi invitées à "soutenir la viabilité économique des initiatives citoyennes". Pour la communauté d'agglomération du Pays de Grasse, cela passe par le fait d'être partie prenante de la gouvernance d'une structure de l'ESS, la société coopérative d'intérêt collectif (Scic) Piste d'Azur ; il s'agit d'un centre régional des arts du cirque dont l'action porte notamment sur la formation et l'insertion professionnelle des artistes.
Autre exemple, la commune de Caylus met un local à disposition d'une micro-crèche gérée par une association de parents, dont la création est "issue d’une réflexion collective sur ce territoire rural de faible densité" de Tarn-et-Garonne. Le projet est soutenu par la communauté de communes Quercy-Rouergue-Gorges de l’Aveyron, avec un accompagnement de l'association par l'animatrice du relais assistantes maternelles (RAM, géré par la communauté de communes).
Parmi les nombreux autres exemples mis en avant dans ce Kit Municipal'ESS, on peut citer les coopératives de territoire, qui sont "des projets d’éducation à l’entrepreneuriat collectif". Dans un quartier populaire de Rennes, la coopérative éphémère Le Bon Maurepas a permis l'expérimentation en 2017-2018, pendant six mois, d'une entreprise de restauration traiteur. Ce projet soutenu par la métropole et le département a ensuite conduit à l'ouverture d'un "resto-bistrot coopératif d’insertion" sous forme de Scic.
Des ressources "pour aller plus loin" figurent sur chaque fiche et le RTES se tient à la disposition des candidats et élus qui souhaiteraient approfondir certains enjeux. Le Réseau compte actuellement 182 collectivités adhérentes, de toute taille et de tout type – régions, départements, métropoles et autres EPCI, communes.