Transports - Ecotaxe poids lourds : le gouvernement garde le cap

Ce 22 octobre, des agriculteurs et des transporteurs ont manifesté leur opposition à la mise en place de l'écotaxe poids lourds dont l'entrée en vigueur est prévue au 1er janvier. La veille, par voie de communiqué, le gouvernement a rappelé la raison d'être du dispositif.

La mobilisation vient de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, le syndicat majoritaire du monde agricole. Le 22 octobre, l'opposition de ses adhérents à la mise en place en janvier prochain de l'écotaxe poids lourds s'est à nouveau raffermie. La fédération estime que cette mesure ne tombe pas au bon moment et qu'étant donné la fragilité du secteur, son entrée en application doit être ajournée. Or, l'écotaxe poids lourds a déjà été reportée à deux reprises, suite aux dysfonctionnements persistants du dispositif. Michel Cornil, vice-président d'Ecomouv', l'entreprise qui le conçoit et collectera la taxe, se veut cependant confiant : "La majeure partie des professionnels nous soutiennent. Nous avons l'appui des deux principales fédérations, la FNTR [Fédération nationale des transporteurs routiers, NDLR] et TLF [Entreprises de transport et de logistique de France, NDLR]. La phase de test amorcée cet été avec 2.000 camions, sur la base du volontariat et sans perception de la taxe, a plutôt bien marché." Quant au ministère des Transports, il rappelle au travers d'un communiqué que "les sommes collectées pour les kilomètres effectués sur les routes nationales, dans l'ensemble de la France, seront intégralement versées à l'Agence de financement des infrastructures de transport (Afitf) et bénéficieront donc à l'amélioration du réseau de transport". 

Taxer : pour qui ? pour quoi ?

En clair, l'écotaxe générera des recettes en vue de "financer de nouvelles infrastructures de transport par les clients des transporteurs, et non par l'ensemble des contribuables (donc pas par le budget général de l'Etat)". Ces chantiers, toujours selon le ministère, permettront de créer de l'emploi (8.000 emplois directs), sans faire le lit d'une concurrence déloyale puisque plusieurs de nos voisins (Allemagne, Autriche, Suisse, République tchèque) ont déjà mis en place une telle taxation, de manière parfois plus élevée. Sur le réseau français, l'écotaxe appliquée sera la même pour tous, y compris pour les poids-lourds étrangers. De là à dire que "cette taxe kilométrique donne [donc] une prime aux circuits courts" et favorisera le "made in France"", il y a là un pas que le gouvernement n'hésite pas à franchir. Car, a-t-il aussi été rappelé, le réseau routier local de proximité, lui, ne sera pas taxé, à l'opposé des passages de camions sur le réseau routier national non concédé, lequel exclut les autoroutes. Par ailleurs, les véhicules agricoles ou ceux affectés à la collecte du lait seront également exonérés.

Dérapage breton

En réponse à l'interpellation ces derniers jours de plusieurs collectivités - conseil régional et conseil général du Finistère en tête - et aux manifestations qui y ont eu lieu, le ministère a rappelé que les spécificités de la péninsule bretonne ont déjà été prises en compte lors des longs débats sur l'écotaxe. Il semble en effet étrange que la Bretagne attire l'attention sur elle alors qu'elle bénéficie, ce que le ministère n'a pas hésité à lui rétorquer, d'un abattement privilégié de "50% sur le taux kilométrique de la taxe". Soit "une réduction de 40 millions d'euros". En comparaison, deux autres régions "périphériques", Midi-Pyrénées et Aquitaine, ont bénéficié d'un abattement moins élevé, de 30%. 

 

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