Édurénov fédère 52 partenaires pour faire avancer la rénovation des bâtiments publics

Retour sur le 4ème Comité des Partenaires du programme Edurénov

Trois ans après son lancement, Édurénov poursuit son déploiement avec un réseau de 52 partenaires mobilisés aux côtés des collectivités. Le 20 octobre, ils se sont réunis à Paris pour le quatrième Comité des partenaires du programme. Ce rendez-vous annuel permet de dresser le bilan des actions menées et de décliner les orientations stratégiques pour l’année à venir. L’occasion aussi de réfléchir collectivement aux réponses à apporter aux collectivités, confrontées à des budgets contraints, aux enjeux d’une nouvelle mandature municipale et à des besoins de rénovation et d’adaptation des bâtiments scolaires rendus particulièrement visibles par les fortes chaleurs de l’été 2026. 

Des expertises complémentaires au service des collectivités 

En ouverture de la matinée, Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires, a rappelé l’ampleur des besoins de rénovation des bâtiments scolaires et sportifs, alors que les collectivités disposent de moyens financiers et humains limités. Il a souligné le rôle des partenaires d’Édurénov pour faire émerger les projets des collectivités et les accompagner dans leur réalisation. Annabelle Barral-Guilbert, directrice du programme, est ensuite revenue sur les résultats de l’année écoulée et les actions engagées avec les partenaires. Depuis 2023, 753 projets ont bénéficié de 1,46 milliard d’euros de prêts.

Ces résultats témoignent d’une mobilisation collective qui se traduit aussi par des initiatives concrètes pour accompagner les collectivités dans leurs projets de rénovation. Avec CDC Biodiversité, dix cours d’école ont été étudiées pour évaluer les effets possibles de leur végétalisation. Jonathan Sebbane, président du CSTB, a présenté une expérimentation menée dans cinq établissements pour mieux identifier les besoins de réhabilitation. Face aux fortes chaleurs, Étienne Crépon, directeur général du Cerema, est revenu sur les travaux menés pour améliorer le confort d’été dans les écoles. Guillaume Perrin (ACTEE) et Aude Lane (EDF) ont prolongé cette réflexion en présentant les actions du Plan Urgence Canicule, notamment les diagnostics flash destinés à aider les collectivités à préparer les travaux prioritaires.

« Pour aider les collectivités, il faut pouvoir mobiliser des compétences très différentes. Aucun acteur ne détient toutes les réponses. La force d’Édurénov, c’est de réunir ces expertises pour accompagner des projets qui, d’un territoire à l’autre, ne se ressemblent pas », souligne Annabelle Barral-Guilbert.

Les équipements sportifs, un nouveau champ d’action pour Édurénov

Depuis juillet 2026, Édurénov accompagne la rénovation des équipements sportifs. Gymnases, piscines et patinoires sont souvent vieillissants, coûteux à chauffer et parfois inadaptés aux pratiques actuelles. Leur rénovation doit réduire les consommations d’énergie tout en améliorant les conditions d’accueil des usagers. Pour soutenir 2 500 projets d’ici fin 2028, la Banque des Territoires prévoit 400 millions d’euros de prêts et 8 millions d’euros d’ingénierie. Cette ouverture a fait l’objet d’une table ronde réunissant Marie-Cécile Tardieu, directrice générale de l’Agence nationale du Sport (ANS), Édouard Donnelly, directeur général du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), et Smaïla Camara, représentant de l’Association nationale des élus en charge du sport (ANDES), également élu à Bondy et à l’établissement public territorial Est Ensemble. Les échanges ont notamment porté sur les besoins des élus locaux pour faire évoluer leurs équipements sportifs, avec l’exemple du Gymnase 3S, un modèle proposé par l’ANDES reposant sur trois principes de sobriété : foncière, énergétique et budgétaire.

Anticiper collectivement l’évolution des besoins scolaires

La baisse des effectifs scolaires conduit certaines communes à revoir leurs projets de rénovation. Avant d’investir, elles doivent s’interroger sur l’utilisation future des bâtiments. Une école aura-t-elle besoin des mêmes surfaces dans dix ans ? Certains espaces pourront-ils accueillir d’autres activités ? Ces interrogations ont nourri la dernière séquence de travail du Comité, introduite par Mélanie Joder, secrétaire générale des ministères chargés de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et des Sports. S’appuyant sur les études démographiques menées par le ministère de l’Éducation nationale, elle a notamment rappelé que les évolutions des effectifs scolaires varient fortement d’un département à l’autre, appelant des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire. Pour éclairer ces décisions, la Banque des Territoires a confié à la SCET une étude sur les liens entre évolutions démographiques et stratégies patrimoniales. Christophe Lasnier, directeur général délégué du Groupe SCET, en a présenté le cadre ainsi qu’un premier panorama des dynamiques démographiques. Les partenaires ont ensuite travaillé en ateliers sur l’anticipation des effectifs et les nouveaux usages possibles des bâtiments scolaires et éducatifs. Leurs contributions enrichiront l’étude et alimenteront un futur guide destiné aux collectivités pour les aider à adapter leurs rénovations aux besoins de leur territoire.

Pour clôturer cette matinée d’échanges, Kosta Kastrinidis, directeur adjoint de la Banque des Territoires, est revenu sur les ambitions du programme pour les prochaines années. Édurénov prépare notamment l’élargissement de son offre aux équipements culturels et entend continuer à faire évoluer son accompagnement avec ses partenaires, en fonction des besoins des collectivités. Les résultats de la deuxième édition du Baromètre Édurénov, attendus début novembre, permettront de mieux identifier les freins qu’elles rencontrent dans leurs projets de rénovation et d’orienter les réponses à y apporter.