Ile-de-France

A. L., avec AFP / Localtis

Elisabeth Borne confirme la construction du CDG Express

Transport mobilité durable

La ministre des Transports Elisabeth Borne a confirmé ce 5 février la construction du CDG Express, un train rapide qui doit relier Paris à l'aéroport de Roissy en vingt minutes, assurant que "ça ne se fera pas au détriment des transports du quotidien" et donc que le rendez-vous des Jeux olympiques de 2024 pourrait être manqué.

Dans une interview au Parisien ce 5 février, la ministre des Transports Elisabeth Borne a cherché à mettre un terme aux incertitudes pesant sur la réalisation du CDG Express, ce projet de transport qui doit théoriquement relier en vingt minutes, à partir du 1er janvier 2024 - quelques mois avant les JO, donc -, la gare de l'Est, dans le centre de Paris, au terminal 2 de l'aéroport de Roissy.
"Le contrat de concession sera signé dans les prochains jours" avec le gestionnaire d'infrastructure détenu à parts égales par ADP, SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts, a annoncé Elisabeth Borne. "C'est indispensable pour pouvoir donner le coup d'envoi des travaux sans perdre de temps", a-t-elle ajouté, estimant que "le projet de CDG Express est nécessaire pour Paris et pour toute l'Ile-de-France".

Un projet contesté par de nombreux élus

Cette mise au point intervient alors que ce projet est contesté par de nombreux habitants et élus d'Ile-de-France qui craignent que les travaux ne perturbent trop les lignes de trains de banlieue au nord de Paris, en particulier le RER B. Une centaine d'élus franciliens ont écrit fin janvier au préfet de région Michel Cadot, chargé par Elisabeth Borne d'une mission de concertation, pour demander aux autorités "d'abandonner au plus vite" le projet. Ile-de-France Mobilités, l'autorité régionale des transports présidée par Valérie Pécresse (LR), la maire de Paris Anne Hidalgo (PS) et le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel (PS) avaient déjà fait part de leurs réserves. "Il y a un nombre de chantiers très importants, avec quinze projets majeurs d'après SNCF Réseau. Le CDG Express n'est qu'une petite partie du sujet", a pointé la ministre des Transports mardi.

Mission sur le calendrier des travaux

"Le préfet de région a été chargé d'une mission sur le calendrier des travaux. Il remettra ses conclusions fin mars ou début avril. Il dira clairement quels sont les éventuels ajustements qui pourront être nécessaires dans l'organisation des chantiers", a-t-elle relevé, notant qu'"il faudra, le cas échéant, faire des priorisations".
Elisabeth Borne a rappelé au passage que plus de 500 millions d'euros iraient à l'amélioration du RER B sur le 1,8 milliard que doit coûter le projet de CDG Express, "sans un seul euro de subvention publique".
Quant à une ouverture à temps pour les JO de 2024, "à l'heure actuelle, SNCF Réseau nous dit que cette date est tenable", a constaté Elisabeth Borne. Mais il faudra éventuellement "toucher au calendrier", en fonction des conclusions du préfet Cadot, a-t-elle prévenu. "Je le dis très clairement : je n'exclus rien, on n'est pas arc-bouté sur un calendrier qui serait irréaliste. L'objectif est de mettre en service pour les JO, mais ça ne se fera pas au détriment des transports du quotidien", a souligné la ministre.

Impact des travaux sur la qualité des services

Dans un rapport remis mardi à Elisabeth Borne après sa mission de concertation - et que l'AFP a pu consulter -, le préfet Michel Cadot estime que la somme des travaux attendus d'ici à 2024 sur l'axe ferroviaire de Paris-Nord aura nécessairement un impact sur la qualité des services des transports du quotidien "avec ou sans CDG Express".
Ces chantiers auront un impact "acceptable" en 2019 et 2020 sur la qualité de service du RER B, comparable à celui de 2018, et "supprimer CDG Express ne résout rien à court terme" car ce projet a déjà été pris en compte dans le calendrier des travaux, selon lui. Mais la totalité des travaux à conduire va nécessiter des coupures de circulation importantes sur cet axe de 2021 à 2024, prévient-il déjà, appelant à "des solutions innovantes et ambitieuses" afin de limiter au maximum les désagréments pour les usagers.
Le préfet propose de signer le contrat de concession du CDG Express "dès à présent" et d'attendre la fin de sa mission sur le calendrier des travaux, fin mars, avant de signer le contrat d'exploitation avec le consortium formé de Keolis (groupe SNCF) et la RATP, désignés fin novembre pour faire rouler les trains sur cette future liaison de 32 kilomètres.

Dans un communiqué diffusé ce 6 février, Valérie Pécresse se dit "vigilante" sur les annonces du gouvernement. La présidente de région et d'Ile-de-France Mobilités "prend acte que son signal d'alarme sur la dégradation des conditions de transport des voyageurs sur le RER B  a été entendu par la ministre des Transports". Pour autant, elle ne s'estime pas "convaincue" de la capacité de SNCF Réseau de réaliser le projet CDG Express d'ici à 2024 "sans dégrader les conditions de circulation des 1,6 million de voyageurs de l'axe nord". "La région et Île-de-France Mobilités sont convaincues de l'importance d'une desserte directe Paris Roissy pour l'attractivité de la région et l'amélioration des conditions de transport sur le RER B", souligne le communiqué. Mais celui-ci rappelle que le conseil d'administration d'Île-de-France Mobilités avait voté à l'unanimité le 12 décembre dernier une délibération sur ce projet demandant à l'Etat de suspendre les travaux "tant que toutes les garanties techniques et financières permettant de poursuivre l'amélioration des conditions de transports des franciliens n'auront pas été données".

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