Emmanuel Macron serre la vis sur les manifestations avant un nouveau samedi de mobilisation
Après une série d'interdictions de manifestations, Emmanuel Macron a annoncé jeudi que seules celles organisées par des syndicats seraient autorisées samedi 24 octobre, avec des tracés visant à protéger les commerces.
Le président, qui s'exprimait à l'issue d'un conseil de sécurité, a affirmé que "la recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir".
Les demandes formulées par "des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela" seront refusées, a-t-il prévenu. "Ce n'est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme." Celles venant d'organisations syndicales se verront proposer des circuits alternatifs pour protéger "nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments", a indiqué Emmanuel Macron. Le président a réclamé "la plus grande dureté" contre les "actes de délinquance", ainsi que contre les groupes "d'ultragauche" ayant cherché, selon lui, à "faire tomber la République" le 17 octobre. Il avait convoqué l'ensemble des services de renseignement, accusés d'avoir mal anticipé la mobilisation de samedi dernier.
Les interdictions de manifestations se multiplient. A Paris, des centaines d'étudiants et de lycéens ont finalement été autorisés à défiler jeudi. A Lyon, la préfecture a interdit "toute manifestation" samedi. Dans la capitale, où un seul cortège a été autorisé entre Bastille et Nation, la ville a appelé la population "à la plus grande vigilance face aux risques de nouvelles violences commises par des casseurs sans lien avec le mouvement social".
Le Premier ministre Sébastien Lecornu devait également recevoir en fin d'après-midi les maires de Paris, Lyon et Marseille, avant de se rendre à Limoges à la rencontre des élus vendredi soir. Il réunira lundi les organisations lycéennes, étudiantes, enseignantes, syndicales, patronales, les collectivités et les parlementaires pour que "le dialogue et le travail se poursuivent" sur leurs revendications "légitimes", selon Emmanuel Macron.
D'après le ministère de l'Intérieur, le niveau de mobilisation des forces de l'ordre sera "20% supérieur" à celui de la semaine passée.