En 2021, 2,2 millions de ménages dépensaient plus d'un mois de leurs revenus annuels en carburant
Une étude de l'Insee enseigne qu'en 2021, 2,2 millions de ménages en France (hors Mayotte) ont dépensé plus d'un mois de leurs revenus annuels en carburant. En retenant les prix à la pompe de ce printemps, ils auraient été deux fois plus nombreux. Sans surprise, l'étude souligne que les ménages de la "diagonale du vide", ou de la "France périphérique" – où les déplacements sont plus longs et/ou les revenus plus bas – sont les plus exposés.
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En 2021, en France hors Mayotte, 2,2 millions des ménages propriétaires d'au moins une voiture (soit 10,6% du total) ont dépensé plus d'un mois de leurs revenus disponibles annuels en carburant, révèle une étude de l'Insee publiée ce 8 septembre. En retenant les prix à la pompe du printemps dernier – peu ou prou ceux observés aujourd'hui… –, l'Insee estime que 4,7 millions de ménages auraient été concernés, soit 22,4% des ménages avec voiture.
La "diagonale du vide", ou la "France périphérique", particulièrement exposée
Sans surprise, les ménages ruraux sont davantage concernés. Alors que le taux de ménages avec voiture particulièrement exposés au phénomène est de 9% dans les intercommunalités urbaines, il atteint 13,5% dans les intercommunalités rurales, et même 16,7% dans les intercommunalités rurales non périurbaines. De l'une des cartes établies par l'Insee, apparaît clairement la "diagonale du vide" : "Certaines des intercommunalités rurales allant du sud-ouest au nord-est du pays sont bien plus affectées que la moyenne", observe l'Institut. Qui ajoute qu'il "en va de même pour les Cévennes, une partie de l'arrière-pays provençal ainsi qu'en Guadeloupe, Martinique et Guyane".
Au total, l'Insee dénombre 723 intercommunalités particulièrement exposées. La situation la plus critique concerne les 206 où les déplacements en voiture sont les plus longs et les revenus les plus bas. "La plupart sont rurales et beaucoup se situent en périphérie de villes de taille modérée […]. Dans le nord-est, elles forment un long continuum allant de Valenciennes à Metz […]. Les arrière-pays des métropoles sont aussi concernés, comme autour de Toulouse, de Bordeaux ou encore de Rennes", détaille l'étude.
191 intercommunalités, "le plus souvent rurales mais en périphérie de villes de taille intermédiaire comme Amiens, Angers, Tours", sont principalement exposées du fait de la longueur des déplacements, leur taux de pauvreté et les revenus de leurs ménages étant par ailleurs "proches de la moyenne nationale". À l'inverse, 326 intercommunalités sont particulièrement exposées en premier lieu du fait de la faiblesse des niveaux de vie. À savoir "dans les espaces très peu denses, en particulier en Occitanie, au centre de la France, au sud des Alpes ainsi que dans les Antilles et en Guyane", détaille l'Institut.
Les métropoles et les périphéries aisées davantage à l'abri
Les 527 intercommunalités les moins exposées se retrouvent logiquement dans la région parisienne, autour de l'axe rhodanien et dans une partie des zones frontalières de l'est du pays. Pour 178 d'entre elles, les déplacements en voiture de leurs résidents sont élevés, mais les revenus de ces derniers leur permettent de faire face. On y retrouve "les périphéries aisées de grandes villes, notamment autour de Paris, Nantes ou Strasbourg, ainsi que le long des zones frontalières allant de la Savoie au Bas-Rhin".
Dans les 349 intercommunalités restantes, les distances parcourues en voiture sont réduites, voire inexistantes grâce aux transports en commun. On y retrouve notamment 132 pôles urbains et 83 intercommunalités situées dans les couronnes de ces derniers. "Beaucoup sont autour de Lyon et le long de la vallée du Rhône", précise l'institut.
Lequel ajoute qu'en retenant des hypothèses de prix tels qu'on les connaît aujourd'hui, "la part de ménages surexposées aurait partout été plus élevée. Cependant, les territoires urbains denses auraient été un peu moins affectées que les autres […]. Dans l'ensemble, ces prix plus élevés auraient conduit à un léger creusement de l'écart entre les ménages urbains et le reste du pays, sans affecter notablement la géographie des inégalités territoriales".