En 2026, des projets de recrutement en baisse
France Travail a dévoilé mardi 21 avril les résultats de son enquête annuelle sur les besoins de main-d’œuvre anticipés par les entreprises. Des projets de recrutement qui sont au nombre de 2,3 millions pour 2026, soit une baisse de 6,5% sur un an.
© France travail et AR
Le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, le souligne en préambule de la présentation de l’enquête BMO (besoins de main-d’œuvre) 2026 : l’enjeu désormais consiste à "transformer les priorités économiques du pays en emplois directs". Avec, pour y parvenir, une recette simple : "anticiper, coordonner et agir au bon moment" pour mieux anticiper les besoins et ne plus subir les tensions qui caractérisent l’essentiel des filières, et notamment celles désignées comme "stratégiques". L’enquête BMO 2026 confirme à ce titre que les besoins restent très importants dans ces secteurs qui représentent jusqu’à 80% des emplois à venir, alors même que les entreprises anticipent toujours autant de difficultés à recruter.
Pour 2026, les projets de recrutements identifiés par France Travail sont au nombre de 2,3 millions, soit une diminution de 6,5% par rapport à l’exercice précédent et qui place le millésime 2026 loin du niveau record de 2022 (plus de 3 millions de projets de recrutements). Ce "léger ralentissement" est la conséquence, selon France Travail, d’une certaine "prudence" des dirigeants d’entreprises face à une conjoncture toujours autant incertaine. Reste que les deux tiers de ces recrutements à venir sont envisagés par des entreprises de moins de 50 salariés, "preuve que le tissu économique de proximité continue de porter l’emploi dans les territoires".
Le ralentissement des intentions d’embauches observé par France Travail touche l’ensemble des filières à l’exception notable de celle de la santé et de l’accompagnement qui progresse légèrement de +0,4% avec 320.000 intentions d’embauches. L’industrie fait elle aussi mieux que la moyenne avec un recul limité à -2,4% pour 211.000 intentions d’embauches identifiées pour 2026. Le signe, estime France travail, que les besoins demeurent massifs dans des filières qualifiées de stratégiques et prioritaires. Même si certaines d’entre elles affichent des performance en retrait par rapport à l’exercice 2025 : on dénombre dans l’hôtellerie restauration près de 320.000 intentions d’embauches (-5,5%), 264.000 dans le commerce et la distribution (-9,2%), 143.000 dans la construction (-16,2%) et seulement 84.000 dans le numérique et les télécommunications (-25,2%).
11 filières prioritaires
Et si des besoins émergent, les dirigeants sont encore 44% à anticiper des difficultés de recrutement (-6,3 points sur un an) et même 54% dans le secteur de la santé, du social et des services à la personne. Dans le BTP, le pourcentage de dirigeants anticipant des difficultés de recrutement atteint 65%. Dans l’ensemble, 84% des recruteurs interrogés évoquent des profils inadéquates, 82% soulignent un nombre de candidats trop faible et 39% mettent en avant des conditions de travail qui rendent difficiles ces recrutements.
Dans ce panorama, France Travail a identifié 11 filières prioritaires (santé/social/services à la personne, BTP, hôtellerie restauration, commerce et distribution, transport et logistique, agriculture, industrie, emploi public, numérique, nucléaire, énergies) sur lesquelles l’opérateur annonce une "mobilisation inédite" avec l’ambition de passer "d’actions ponctuelles à une stratégie structurée, suivie et raisonnable avec des objectifs nationaux et des déclinaisons concrètes dans chaque territoire". Pour chacune d’entre elle, France travail annonce une "feuille de route claire" à l’instar de celle présentée mardi 21 avril par le gouvernement à propos de la filière industrie. Avec en guise de stratégie un mantra simple : attirer, former, recruter, fidéliser !
France Travail suggère ainsi de mettre l’accent sur la découverte des métiers à travers la généralisation de l’immersion en entreprise, du mentorat ou encore du développement de plateformes métiers ; la formation doit quant à elle s’adapter rapidement aux besoins réels des entreprises grâce au développement des dispositifs de formation avant embauche ou encore à travers une meilleure anticipation des métiers émergents ; France Travail prône également la simplification des recrutements (sans CV ou encore grâce à la mutualisation) ainsi que la sécurisation des parcours qui doit s’appuyer sur l’accompagnement des transitions, des reconversions entre secteurs, ou encore le soutien à la mobilité professionnelle et géographique.