Une nouvelle feuille de route nationale pour l’attractivité et l’emploi dans l’industrie
Le gouvernement a dévoilé mardi 21 avril sa nouvelle feuille de route nationale pour l’attractivité et l’emploi dans l’industrie. Une stratégie qui vise dès cette année 600.000 recrutements durables dans l’industrie et dont le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, et son homologue à l’Industrie, Sébastien Martin, ont esquissé les grandes lignes lundi 20 avril, lors d’un déplacement sur le site d’Airbus Atlantic de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
© @sbastien_martin/ Déplacement de Sébastien Martin, Thibaut Guilluy et Jean-Pierre Farandou sur le site d’Airbus Atlantic à Saint-Nazaire le 20 avril
600.000 emplois industriels en 2026 : voilà l’objectif que le gouvernement et ses partenaires France Travail et le Conseil national de l’industrie, se sont fixé et qui se décline dans la nouvelle feuille de route nationale pour l’attractivité et l’emploi dans l’industrie dévoilée mardi 21 avril. Cette feuille de route va s’appuyer sur trois piliers : attirer et orienter vers les métiers de l’industrie ; former aux métiers de l’industrie ; recruter et fidéliser les ressources humaines. Dans ce cadre, le gouvernement prévoit d’ici la fin du mois de juin de multiplier par deux (14.000) le nombre de stages disponibles pour les élèves de seconde via la plateforme "1Jeune1Stage" ainsi qu’en organisant un job dating pour tous les élèves de terminale de lycées professionnels avec une spécialisation industrie. En parallèle, une campagne de communication va se déployer et des événements vont être organisés, notamment dans le cadre de la Semaine des métiers de l’industrie qui se tiendra du 16 au 22 novembre prochains. L’enjeu, a insisté Jean-Pierre Farandou, lors de sa visite chez Airbus Atlantic, c’est de changer les représentations chez des jeunes qui, depuis plusieurs années, "n’ont pas assez choisi ces métiers-là", alors même que ce sont "des métiers passionnants et bien payés", a souligné le ministre. Cette transformation doit donc s’opérer dès le collège, auprès de jeunes "enfermés dans des représentations" qui dévalorisent l’industrie de manière générale.
60.000 entrées en formation prévues en 2026
S’agissant du volet formation, le gouvernement et ses partenaires du réseau pour l’emploi s’engagent à travers cette feuille de route à mieux anticiper les besoins ainsi qu’à mieux adapter les formations initiales et continues. Car il y a nécessité, a rappelé Jean-Pierre Farandou à Saint-Nazaire, "de réduire l’écart entre les profils des demandeurs d’emplois et les besoins des entreprises". La solution, a expliqué le ministre, ce sont les plans de formation, domaine sur lequel le gouvernement et France Travail sont déterminés à "mettre le paquet". Les dispositifs de formation avant embauche seront ainsi amplifiés dès 2026 avec une montée en puissance des préparations opérationnelles à l’emploi qui vont passer de 16.000 en 2025 à 25.000 en 2026, et les reconversions vers l’industrie seront facilitées. Près de 60.000 entrées en formation sont ainsi anticipées en 2026 contre un peu plus de 53.000 en 2025.
Le troisième pilier de cette feuille de route, ce sont les ressources humaines. France Travail et ses partenaires s’engagent à proposer jusqu’à 50% d’offres d’emplois supplémentaires dans l’industrie, notamment via le transfert des offres "Jobboards" (les plateformes de recrutement) dans le domaine industriel, ou encore en proposant 50.000 actions de prospection auprès des entreprises afin de préciser leurs besoins en la matière. Dans ce même cadre, 7.000 candidats seront recrutés en 2026 via la méthode de simulation et 450 ateliers de détection de potentiels seront organisés dans les territoires avec l’objectif d’aboutir à 30.000 recrutements.
Un contexte de fortes tensions sur le marché du travail
Cette nouvelle feuille de route intervient dans un contexte de fortes tensions sur le marché du travail, avec des besoins de recrutement importants dans les filières industrielles "stratégiques" qui peinent à être satisfaits alors même que le gouvernement anticipe d’ici 2030 jusqu’à 1 million de départs en retraite dans l’industrie, dont le tiers dans les secteurs dits stratégiques tels que l’aéronautique ou la défense. Le gouvernement qui reconnaît que "le mouvement de réindustrialisation amorcé depuis 2017 marque le pas". Mais au-delà de la conjoncture, c’est sur les freins structurels que celui-ci entend agir en s’attaquant au "déficit d’attractivité de certains métiers" autant qu’à l’inadéquation des offres de formation aux besoins des entreprises. Avec 2,8 millions d’emplois répertoriés, l’industrie manufacturière pèse pour 10% de l’emploi total en France, ce qui n’empêche pas les employeurs de juger majoritairement difficiles leurs futurs recrutements (enquête BMO 2025). Résultat des courses, au quatrième trimestre 2025, 61.000 emplois restaient non pourvus dans les différents secteurs industriels (Dares). Au premier trimestre 2026, on comptabilise déjà 186.726 recrutements industriels, dont 125.000 "durables", précise le gouvernement. S’agissant des objectifs chiffrés, Jean-Pierre Farandou a rappelé lors de sa visite à Saint-Nazaire lundi 20 avril que le secteur de l’énergie et du nucléaire anticipait 100.000 recrutements, autant que la défense, et un peu moins que le secteur de la transition écologique (entre 200.000 et 400.000). Ces objectifs, "on a quelques années pour les atteindre", a également précisé le ministre.
Déploiement dans les territoires
Afin de construire cette feuille de route, le gouvernement s’est appuyé sur France Travail ainsi que sur la vingtaine de filières industrielles réunies au sein du Conseil national de l’industrie qui assurera le suivi du déploiement de la feuille de route via un l’organisation d’un comité de pilotage trimestriel. Le déploiement opérationnel dans les territoires, prévoit la feuille de route, se fera au sein des comités territoriaux de l’emploi aux différents échelons régionaux, départementaux et locaux ainsi qu’au niveau du réseau Territoires d’industrie.
En parallèle, la direction générale des entreprises (DGE) organise du 16 au 22 novembre 2026 la 15e édition de la Semaine de l’industrie. Un événement qui avait réuni en 2025 un peu plus de 5 millions de participants à travers 8.000 événements labellisés dans les territoires par les entreprises, les fédérations industrielles, les établissements scolaires et de formation, et tous les acteurs de l’emploi dans les territoires.