En 2026, le ministère de la Fonction publique promet d'accélérer sur l'IA
Le cabinet de David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, a dévoilé jeudi 8 janvier 2025 les grandes lignes de sa feuille de route numérique pour 2026. Le maître-mot : industrialisation et déploiement massif de l'IA. Le ministre détaillera prochainement ces orientations, qui incluent un repositionnement de la Dinum et un accent sur l'IA souveraine.
© @David Amiel/ David Amiel au sommet international Adopt AI en novembre 2025
À l'occasion d'un brief presse jeudi 8 janvier 2026 , le cabinet du ministre David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, a fait un point d'étape sur la stratégie du ministère en matière d'IA et de souveraineté numérique.
Repositionnement de la Dinum
La stratégie, détaillée prochainement par le ministre, prévoit d'abord un changement de méthode. La direction interministérielle du numérique (Dinum) va ainsi connaître "une inflexion et un repositionnement" pour se cantonner au rôle d'architecte technique de l'État. Ce nouveau rôle de "CTO" (Chief Technology Officer) la positionne comme garante des standards techniques, de la mutualisation et des règles de partage des données. Cette clarification intervient alors que le dialogue avec les éditeurs a connu un moment de "tension". L'État promet de développer en interne uniquement là où il y a "des enjeux très régaliens", l'écosystème privé s'exprimant partout ailleurs. Cette clarification devrait être formalisée dans les prochaines semaines.
Déploiements à grande échelle
Le ministère veut ensuite entrer dans "l'ère de l'industrialisation" de l'IA. Cela concerne tout d'abord l'agent conversationnel ou "assistant IA", intégré à la suite numérique de l'État, testé par 10.000 agents ministériels depuis octobre. L'idée est avant tout de détourner les agents du "shadow IA" en leur mettant à disposition une IA sécurisée et souveraine. Dans les faits, il s'agit d'une déclinaison du "chat" de Mistral.ai.
Parallèlement, un logiciel d'IA pour analyser les réponses aux appels d'offres sera déployé auprès de tous les acheteurs de l'État. Cette solution, qui "prédigère" des tâches chronophages, a donné des "résultats extrêmement probants" lors de son expérimentation. Mais "la partie immergée de l'iceberg", c'est la partie formation, sensibilisation et accompagnement qui s'accélérera en 2026. Sur le volet concertation, un groupe de travail associant les organisations syndicales a été créé par la DGAFP et ce dialogue social promet d'être "approfondi" en 2026.
Circulaire sur l'achat public numérique
Une circulaire de clarification de la doctrine d'achat public numérique est par ailleurs dans les tuyaux. Il faut dire que ces derniers mois, l'État s'est fait reprocher de faire la part belle à quelques éditeurs sans mise en concurrence préalable, à l'image du partenariat annoncé en fin d'année avec Doctrine (rédaction et aide juridique assistée par l'IA). Il a été précisé qu'il n'y avait à ce stade qu'une "lettre d'intention", sans valeur juridique contraignante. Cette lettre d'intention, qui précède un appel d'offres, est destinée à vérifier les exigences de souveraineté des solutions et la possibilité de les adapter aux besoins de l'État.
Adieu Albert, vive Mistral
Interrogé sur Albert – projet vanté en 2024 comme "l'IA de l'État" bientôt ouvertes aux collectivités (notre article du 30 mai 2024) – le cabinet a fait une mise au point. Relevant un "écho médiatique excessif" pour Albert, il souligne que l'appellation cache deux produits. Il y a tout d'abord une IA reposant sur des modèles de langage open source gratuits dont la version initiale, "très expérimentale, n'a pas donné de très bons résultats". En clair, adieu Llama et autres Falcon, l'État privilégie désormais les modèles de Mistral, "nettement plus performants". Il y a ensuite Albert API. Ce n'est pas un modèle mais une interface de programmation, "une multiprise" permettant aux applicatifs métiers, dont l'agent conversationnel, d'appeler différents modèles de langage de manière transparente pour l'utilisateur. Aujourd'hui Mistral, demain d'autres modèles répondant aux critères de performance et de souveraineté de l'État.
Concernant l'ouverture de l'agent conversationnel de l'État à l'ensemble des agents de la fonction publique qui avait été annoncée, le sujet fait l'objet de "discussions", avec pour objectif de faire bénéficier les collectivités des avancées de l'État. Rien de concret n'est cependant à attendre avant l'arrivée des nouvelles équipes municipales.