Énergie, datacenters : une opportunité pour la France de "se repositionner" ?

L'économie française est au ralenti, avec des annonces de créations d'usines qui se tarissent. C'est ce qui ressort du bilan Trendeo du premier semestre 2026 pour l'emploi et l'investissement en France publié le 24 août 2026. L'emploi industriel est pourtant en hausse, tiré par les activités de défense et d'énergie, et les investissements ciblent prioritairement les datacenters. Une opportunité selon Trendeo de se repositionner avec succès.

"Globalement, on a des industries et des secteurs traditionnels comme les services qui sont plutôt faibles et en difficulté, et une opportunité se dessine sur l'ensemble du numérique, notamment les datacenters, et l'énergie." En une phrase, David Cousquer, créateur et gérant de Trendeo, résume le bilan du premier semestre 2026 pour l'emploi et l'investissement en France que le cabinet vient de publier.

Ainsi, si le nombre de créations d'emplois est à la baisse (57.521, contre 62.703 au premier semestre 2025 et 74.360 en moyenne aux premiers semestres depuis 2009), l'industrie affiche un score à 5.538, très au-dessus de sa moyenne des premiers semestres depuis 2009 (c'est son meilleur semestre depuis le premier semestre 2024), porté par le secteur de la défense (+ 5.892 avec + 1.270 pour Thalès, + 950 Naval Group et + 600 pour Arabelle Solutions).

L'énergie devient un contributeur régulier de l'emploi annoncé

Côté logistique, le rythme est à près du double du régime historique : + 6.326 créations d'emplois au premier semestre 2026 contre une moyenne des premiers semestres de + 3.293 depuis 2009 et quatre semestres consécutifs entre + 3.700 et + 7.000.

STEF (+ 2.240) et Amazon (+ 2.000 et + 1.350 sur deux entités) portent le semestre, tandis que les suppressions restent marginales. "La logistique est devenue le contributeur le plus stable de l'emploi annoncé en France", indique le bilan Trendeo.

Enfin, l'énergie et les déchets enregistrent un solde à + 1.440, un niveau supérieur à leur moyenne des premiers semestres (+ 994 depuis 2009), dans le prolongement d'un régime haut installé depuis 2022. Le résultat est surtout porté par le nucléaire et l'énergie : EDF (+ 610) et Orano (+ 350) quand la filière hydrogène commence à rendre des emplois. "C'est l'activité dont le retournement structurel est le plus net : négative ou faible jusqu'en 2019, elle est devenue un contributeur régulier de l'emploi annoncé, porté par la transition énergétique puis par la relance nucléaire", précise le bilan.

À l'inverse, les services, qui sont habituellement de forts contributeurs à la croissance, tournent sous leur régime.

"On revient à des niveaux qui ne sont pas bons"

Côté usines, le solde s'établit à -40 (51 ouvertures pour 91 fermetures). "C'est le plus faible nombre d'ouvertures jamais observé sur un premier semestre depuis le début de la série en 2009", précise le bilan, et le pire solde de premier semestre depuis 2013. Le déficit ne vient pas d'une vague de fermetures, qui restent exactement dans la moyenne historique : il vient d'un tarissement des annonces de créations", détaille le document.

À noter : les fermetures ont surtout lieu en Auvergne-Rhône-Alpes (19), en Île-de-France et dans les Hauts-de-France. "C'est clair, on retombe à des niveaux qui ne sont pas bons, explique David Cousquer. Le ZAN a aussi un impact, quand l'industrie va bien, on étend les sites existants, plus que ce qu'on faisait avant."

Une opportunité de repositionnement sur les datacenters à saisir

Les investissements annoncés (209,6 milliards au total) montrent une dominante des datacenters et de l'énergie qui représentent 76% de l'ensemble. "Il y a une opportunité de repositionnement à saisir, assure David Cousquer. On a le choix de s'épuiser à relancer des filières sur lesquelles on est en grande difficulté (car l'énergie est chère, il y a la guerre en Ukraine et la concurrence chinoise) ou de profiter de cette opportunité et se repositionner dessus." Mais pour ce faire, il "faut un package, ajoute l'expert, il faut expliquer et vendre ce positionnement comme un vrai enjeu stratégique et pas que comme des opportunités territoriales". Encore faut-il que ces projets, notamment pour les datacenters soient acceptés par les citoyens et soutenus par les collectivités territoriales. L'installation prévue par le groupe allemand Enertrag de 120 batteries stationnaires à Dambron, en Eure-et-Loir, destiné à stocker l'énergie, suscite ainsi une forte opposition de la part du maire et de son équipe municipale.

Côté territoires, Trendeo inaugure un nouveau classement qui croise deux données : le poids de chaque région dans l'économie des projets français, accumulé sur quinze ans, et sa dynamique sur les dix-huit derniers mois. Chaque critère est rapporté à l'emploi salarié régional (source Insee) ou aux propres créations de la région. Le tout est exprimé en nombre d'emplois nets. Et pour cette première année, ce classement fait apparaître en haut du podium la région Occitanie. Elle bénéficie d'un solde positif de 71.532 emplois sur quinze ans et de 5.727 sur dix-huit mois. Viennent ensuite les régions Hauts-de-France (+ 63.717, + 3.790), Provence-Alpes-Côte d'Azur (+37.993, + 4.163) et Île-de-France (+62.217 et – 1.825).

 

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