Espaces "sans enfants" : "Tolérerions-nous l'exclusion de certaines catégories d'adultes des trains ?", s'indigne le RFVE
Les élues et élus du Réseau français des villes éducatrices (RFVE) montent au créneau contre ce qu'ils qualifient de "dérive discriminatoire à l'encontre des enfants dans l'espace public". Dans un communiqué du 2 février 2026, le réseau se dit "consterné" par la décision de la SNCF de commercialiser une nouvelle classe Optimum interdite aux moins de 12 ans, à l'instar de la classe Business première.
Pour le RFVE, cette initiative s'inscrit dans une tendance plus large à l'exclusion des enfants de certains lieux ouverts au public, à l'image des hôtels ou restaurants affichant des politiques "sans enfants". Une évolution jugée d'autant plus préoccupante qu'elle interroge, selon le réseau, le modèle de société promu entre "mixité et partage" d'un côté, et "entre-soi et fragmentation des espaces sociaux" de l'autre. "Tolérerions-nous l'exclusion de certaines catégories d'adultes des trains ?", interrogent les élus, rappelant que de telles discriminations sont par ailleurs sanctionnées par la loi.
Au-delà du principe, le RFVE souligne les conséquences concrètes de ces choix, qui reviennent aussi à éloigner les familles – et plus particulièrement les femmes, encore majoritairement en charge des enfants au quotidien. Dans un contexte de baisse de la natalité et de débats récurrents sur le vivre-ensemble, la place accordée aux enfants et aux adolescents est, pour le réseau, un enjeu politique majeur. À rebours des logiques d'exclusion, les villes membres revendiquent une approche de "ville à hauteur d'enfants" - une démarche qui a fait l'objet d'une matinée d'échanges mardi 3 février au haut-commissariat à l'Enfance sur laquelle Localtis reviendra dans sa prochaine édition - intégrant espaces de jeux, participation citoyenne et aménagements favorables à leur présence dans l'espace public.
Le RFVE rappelle d'ailleurs qu'il ne s'agit pas d'une utopie : la SNCF proposait dès 1982 des espaces de jeux dans les trains Corail. Le réseau appelle ainsi l'entreprise ferroviaire à "faire machine arrière" et plaide pour des solutions inclusives, allant jusqu'à évoquer l'idée d'une classe Optimum familles, dotée d'équipements adaptés et de tarifs accessibles.
Rappelons que c'est dans ce contexte de tensions qu'une proposition de loi pour faire de l'exclusion des mineurs de l'espace public un nouveau cas de discrimination a été déposée le 26 janvier 2026 par la députée Constance de Pélichy.