Étrangers primo-arrivants : un nouvel accord-cadre pour accélérer leur insertion professionnelle

Présenté lors du dernier Comité national pour l’emploi, un accord-cadre en faveur de l’accès à l’emploi des étrangers de pays tiers primo-arrivants va bientôt être signé entre l’État et le service public de l’emploi.

L’État, l’Office français pour l’Intégration et les opérateurs du service public pour l’emploi* s’apprêtent à signer un nouvel accord cadre en faveur de l’accès à l’emploi des étrangers primo-arrivants présents légalement sur le territoire. Le projet a été présenté lors du conseil national pour l’emploi, qui s’est tenu le 19 janvier dernier. Cet accord-cadre, qui sera signé au cours du premier semestre, va renouveler le précédent, signé en 2021. 

Selon les chiffres présentés lors de ce comité, en 2025, plus de 100.000 étrangers primo-arrivants ont signé un contrat d’intégration républicaine (CIR), dont 33,6% en Ile-de-France, 10,5% en Auvergne-Rhône-Alpes, et 6,3% en Provence Alpes-Côte d’Azur. Plus de 642.000 étrangers ont signé un CIR depuis moins de cinq ans. Obligatoire pour qui veut s’installer durablement en France, le CIR donne notamment droit à des formations linguistiques permettant d’atteindre le niveau de langue A2, désormais requis par la loi du 26 janvier 2024 pour obtenir une carte de séjour pluriannuelle et B1 pour une carte de résident.

En parallèle de cette intégration, le gouvernement souhaite accélérer au maximum l’insertion professionnelle de ces publics. Lors de la signature du contrat, 59% des signataires étaient sans emploi en 2025. Le taux de chômage des étrangers primo-arrivants, deux fois supérieur au reste de la population, s’élevait à 14% en 2022, selon les résultats de l’enquête "Elipa", conduite par des chercheurs pour le ministère de l’Intérieur.

Inscription automatique à France Travail 

France Travail est en première ligne. Surtout depuis qu’une circulaire du 30 avril 2025 (lire notre article) impose l’inscription automatique à France Travail dès la signature du CIR, prévue pour être opérationnelle "courant 2026". 

En 2025, l’opérateur public a accompagné plus de 212.000 demandeurs d’emploi étrangers primo-arrivants. 38% d’entre eux accèdent à l’emploi après six mois d’inscription, et 53% après six mois de formation, selon les informations transmises lors du CNE.  

Mais c’est tout le service public de l’emploi que l’État veut mobiliser. Une instruction en date du 26 juin 2025 (lire notre article), "en cours de déploiement", encourage au repérage de ces publics en s’appuyant notamment sur les missions locales et les opérateurs de repérage et de remobilisation (O2R) pour ce qui est des jeunes étrangers primo-arrivants. Autre enjeu : leur recrutement dans des métiers en tension. 

Mobilisation des comités pour l’emploi

L’accord-cadre qui doit être signé aura plusieurs objectifs : "mieux connaître les publics pour adapter les offres de service mobilisables", "accélérer l’entrée dans le parcours d’accompagnement vers l’emploi", "mobiliser les acteurs économiques", "articuler les offres de formation", "favoriser l’accès à l’emploi des bénéficiaires de la protection internationale vulnérables" et meilleure reconnaissance des qualification (via la VAE notamment).

Les comités territoriaux pour l’emploi seront impliqués dans cette politique publique. S’il est jugé prioritaire, le sujet devra être inscrit dans leurs feuilles de route. Et lorsqu’il sera à l’ordre du jour des discussions, sera prévue l’invitation des acteurs de l’intégration (OFII, opérateurs AGIR). Au niveau national, un "comité stratégique" dressera un bilan ainsi qu’une feuille de route annuelle. 

 

*France Travail, UNML, APEC, CHEOPS

 

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