Alençon mise sur le thé dansant pour favoriser la mobilité des plus âgés (61)

Le centre communal d’action sociale d’Alençon propose depuis plus de trente ans un thé dansant aux plus de 65 ans. Il s’attache maintenant à renforcer la participation des habitants des deux quartiers classés politique de la ville. Et annonce une nouvelle programmation musicale !

Un lundi par mois, à partir de 14 h 30, la Halle aux toiles, la salle des fêtes communale, en centre-ville, se transforme en thé dansant. Près de 150 Alençonnais ont ici leurs habitudes. « On a essayé de changer le jour, parfois contraints pour des raisons de location de salle, mais les habitués n’aiment pas », glisse Alexandra Collet, la responsable du maintien à domicile au pôle sénior du CCAS. Avec l’essor des guinguettes, le thé dansant est dans l’air du temps.

À Alençon, neuf dates sont proposées chaque année, un rythme auquel tient le CCAS. « On essaye d’échelonner ces rendez-vous en fonction du calendrier scolaire, car certains gardent leurs petits-enfants. Il n’y a pas non plus de thé dansant en novembre, car c’est le mois traditionnel du repas des aînés », explique la directrice du CCAS, Véronique Nicolas.

Hors du temps et fédérateur

Grâce à la régularité de ce rendez-vous, cette après-midi est devenue une référence pour les personnes âgées, qui viennent écouter de la musique, danser, et aussi « voir du monde et des copains ». « C’est toujours magique de voir des personnes arriver en déambulateur puis se lever pour faire quelques pas, battre la mesure avec le pied ou la main, fredonner. Voire repartir en oubliant le déambulateur ! La musique fait du bien, quel que soit l’âge ! », confie la directrice. Certaines personnes, vivant en Ehpad, ne peuvent plus danser « mais ont à cœur de venir pour retrouver des amis de vingt ans, voire des ex ! », ajoute-t-elle. Il n’y a pas d’âge pour courtiser… « Et cela aussi, c’est essentiel pour se sentir vivant ! » Le plaisir, voilà ce qui fait la différence entre un thé dansant et un atelier de prévention des chutes, expliquent les deux responsables. « Ici, on n’a pas besoin de dire qu’il faut lever la jambe, les gens la lèvent tout seuls. » C’est aussi ce qui les persuade que cette activité, désuète en apparence, garde toute sa vigueur.

Le ticket d’entrée est gratuit pour les habitants d’Alençon. Une condition à laquelle le CCAS est également attaché, « pour que tous, quelles que soient leurs ressources, accèdent à ce service, sans distinction », précise la directrice. Les retraités venant de communes extérieures doivent, eux, s’acquitter d’un droit d’entrée de cinq euros. Ce ticket d’entrée comprend la collation et une boisson.

Renouveler la musique

 Deux musiciens assurent, en alternance un mois sur deux, l’animation. L’un d’eux doit prendre sa retraite. Ce sera l’occasion de revoir le style de musique proposée : le tout accordéon ne pourra pas perdurer. « On sent bien une baisse de fréquentation, marquée depuis le Covid », reconnaît la responsable du pôle sénior. Il a fallu aller « rechercher » les personnes vivant notamment dans l’une des deux résidences autonomie de la ville. L’animatrice propose du covoiturage au besoin. « Le public revient, mais on doit envisager un renouveau », appuie la directrice. Les deux responsables pointent le « changement générationnel » : « les générations d’après-guerre dansent moins. Il faut donc davantage aller les chercher pour qu’elles franchissent la porte d’entrée. »

Aller vers les habitants des quartiers en politique de la ville

Le CCAS a été retenu fin 2024 sur un appel à projets de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) pour l’accompagnement des personnes âgées qui habitent dans des quartiers politique de la ville. Le projet est doté d’un budget sur trois ans. « Cela va nous aider à avoir davantage de moyens, avec, par exemple, une coordinatrice et une équipe de services civiques, pour aller chercher les personnes de ces quartiers et les inciter à venir », explique la directrice. Sur les deux quartiers en politique de la ville, la proportion de personnes de plus de 65 ans est de 24 %, celle des plus de 75 ans de 12,6 % (contre 9,7 % pour la France entière). L’analyse des besoins sociaux a aussi mis en exergue le fait que près d’un senior sur deux (48 %) vit seul à domicile, ce qui, là encore, est supérieur à la moyenne nationale.

Un budget de 1 000 euros par thé dansant

1 000 euros : c’est le coût de la prestation complète, comprenant le cachet de l’artiste-musicien, le goûter et les boissons, et la sécurité. La rémunération du personnel mis à disposition par le CCAS n’est pas comptée dans cette enveloppe. La salle est mise à disposition à titre gratuit par la municipalité.

Commune d'Alençon

Nombre d'habitants :

25490
Place Foch
61 000 Alençon
ville@ville-alencon.fr

Véronique Nicolas

Directrice du département Solidarité et santé et du Centre communal d'action sociale

Alexandra Collet

Responsable du maintien à domicile au pôle sénior du Centre communal d'action sociale

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