Brocéliande communauté facilite l'autostop sur son territoire (35)
Sur un itinéraire dépourvu de transports en commun, Brocéliande communauté propose une nouvelle solution d'autostop, depuis juin 2023. Chaque semaine, une quinzaine de particuliers prennent place dans la voiture d’autres particuliers, pour un trajet de six à sept kilomètres, vers le centre bourg le plus proche. Un dispositif simple, qui convainc, mais demande encore à prendre de l'ampleur.
© Brocéliande communauté
Dans les petites communes de Saint-Péran et Maxent, faire de l'autostop est désormais plus facile. Plutôt que de dresser son pouce, la solution « Covoit'Go » propose d’appuyer sur un bouton à l'arrêt situé en sortie de bourg pour afficher sur un panneau lumineux son souhait de rejoindre le bourg voisin de Plélan-le-Grand. Chaque automobiliste qui circule sur la départementale est ainsi informé de la demande et peut s'arrêter de manière sécurisée, pour proposer un covoiturage spontané gratuit au demandeur. Pas d'appli, pas d'inscription, c'est ouvert à tous !
Éloignées de 15 à 35 kilomètres de Rennes, les communes de Brocéliande communauté profitent de liaisons en transports en commun directes entre elles et vers la capitale régionale, Rennes. Seules Maxent (1 450 habitants) et Saint-Péran (400 habitants) sont à l'écart de cette desserte. En 2022, l'intercommunalité s'est questionnée : comment faire pour proposer quand même une offre à ces habitants ? « Proposer une offre collective, cela suppose du cadencement, une densité minimale et ce ne serait pas soutenable dans ces communes, écologiquement et financièrement parlant », explique Robin Clavard, chargé de mission mobilité. Brocéliande communauté s'est donc tournée vers la solution « Covoit'Go », développée par un opérateur soutenu par un dispositif de l’Ademe.
Après étude, un déploiement rapide
L'opérateur a d'abord réalisé une étude sur les deux lignes imaginées pour relier chacun des deux bourgs, Saint-Péran et Maxent, à la ville de Plélan-le-Grand, le centre commerçant et de services du territoire. Des tests d’autostop in situ ont complété l’analyse des données Insee de la mobilité sur les deux départementales, qui voient circuler 2 500 voitures par jour en moyenne. Une fois confirmée la pertinence de ces lignes de six à sept kilomètres de long, le déploiement a été rapide. « La solution est très simple : il suffit de décider d'un site en sortie de bourg qui permet un arrêt sécurisé. Là, il s’agit alors d'installer le poteau signalétique et un siège assis-debout qui permettra aux gens de patienter », précise Robin Clavard.
Une communication importante
Pour faire connaître l'offre, l'opérateur et l'intercommunalité ont mené une vaste opération de communication lors du déploiement : création d'un groupe Facebook, publications sur les réseaux sociaux, vidéos, communiqués de presse et présence sur des stands d'animation (dans les médiathèques, les supermarchés locaux…). Les deux lignes ont ouvert simultanément, en juin 2023. « Dès le départ, nous avons eu entre 10 et 20 appuis-bouton par semaine sur les deux lignes, un chiffre qui s'est maintenu depuis », indique le chargé de mission. Sur l'année 2025, « Covoit'Go » fait apparaître une moyenne de 15 trajets par semaine, avec un léger avantage à la ligne Saint-Péran – Plélan-le-Grand, pourtant la plus petite des deux communes reliées.
Le changement de pratique prend du temps
Le public qui utilise « Covoit'Go » est constitué de personnes en difficulté sans voiture, de jeunes et de retraités qui en ont besoin de se déplacer pour une course ou pour un rendez-vous. Certaines personnes âgées sont d'ailleurs des usagers réguliers. Toutefois, plus de deux ans après le lancement, les chiffres de fréquentation restent encore en deçà des niveaux espérés – une quinzaine d’usagers au lieu d’une trentaine envisagée. « Le changement de pratique prend du temps, il faut communiquer en permanence. Conducteurs comme passagers potentiels ont encore un frein psychologique à faire du stop, même si l'interconnaissance prévaut dans ces petites communes », analyse le chargé de mission. Brocéliande communauté a également aménagé des liaisons cyclables du quotidien pour multiplier les solutions hors voiture solo.
Une offre qui se déploie aux alentours
Malgré cette fréquentation encore limitée et un coût de fonctionnement relativement élevé (voir encadré chiffres clés), Brocéliande communauté envisage de poursuivre le déploiement de « Covoit'Go », en direction de la commune de Paimpont. « Nos voisins de Montfort communauté ont aussi créé quatre lignes en juin 2025, dont une relie Saint-Péran et Plélan-le-Grand, ce qui offre une nouvelle destination depuis notre territoire. » La solution convainc donc, charge aux automobilistes locaux et habitants de la conforter pour la maintenir en vie.
Les grands chiffres du dispositif
Deux lignes équipées de chacune deux points de départ (un sens et l'autre)
15 utilisateurs en moyenne chaque semaine
30 326 euros : coût global d'investissement et de mise en place, dont équipement des arrêts, communication et étude préalable. Le prestataire a proposé une solution à un prix « compétitif » pour l'étude et le déploiement, grâce à un financement Adème (AMI Licov).
Subventionné à 80 % : Ademe (40,5 %) via l'appel à manifestation d’intérêt Territoires d’expérimentation de nouvelles mobilités durables, Mutualité sociale agricole (39,5 %) via l’appel à projet Grandir en milieu rural.
8 686 euros HT par an : coût de fonctionnement de la solution « Covoit'Go »
Brocéliande communauté
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Voir aussi
Pour aller plus loin
- Le service d’autostop, présenté sur le site de Brocéliande communauté
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