L'Haÿ-les-Roses travaille à dynamiser son centre-ville (94)
La ville de L’Haÿ-les-Roses a mis en place un périmètre de sauvegarde des commerces et de l’artisanat de proximité. L’objectif est de garder la main sur le développement économique de son centre-ville et des quartiers, pour dynamiser son attractivité.
© Commune de L'Haÿ-les-Roses
Dans le département du Val-de-Marne, à cinq kilomètres de Paris, entre Orly et la capitale, L’Haÿ-les-Roses séduit de nouveaux habitants, en particulier des familles. Pour autant, cette dynamique ne profite pas forcément aux commerces du centre-ville. Afin de rendre son centre encore plus attractif, L’Haÿ-les-Roses met en place des solutions pour créer un maillage de commerces et de services du quotidien.
Dès 2014, la municipalité amorce sa stratégie d’attractivité commerciale avec la création d’un poste de manageur de centre-ville. Sa mission est de faire le lien entre les propriétaires, les porteurs de projets et les chambres consulaires. Ce service, très apprécié des commerçants, facilite le quotidien comme la gestion des travaux, des déchets ou l'accès aux financements.
En 2016, L’Haÿ-les-Roses comptait seulement 6,5 commerces pour 1 000 habitants, quand la moyenne du Val-de-Marne est de 9,3 commerces pour 1 000 habitants. La ville dénombre alors 1,7 commerce tous les 100 mètres, six agences bancaires, quatre salons de coiffure, trois opticiens, mais très peu de commerces de bouche. L’installation de deux petites surfaces alimentaires, à l’extérieur du centre-ville, confirme l’attente des habitants de pouvoir faire les courses de tous les jours en proximité. Mais ces installations en périphérie contrarient souvent le développement des commerces du quotidien dans les centres-villes.
Une déconnexion de l’offre et de la demande
Deux ans auparavant, la municipalité avait sollicité l’accompagnement de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) et la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) du Val-de-Marne. Celles-ci ont suggéré de mettre en place l’outil juridique du périmètre de sauvegarde des commerces et de l’artisanat de proximité, afin notamment de privilégier les commerces de bouche. La CMA a réalisé une étude de préfiguration qui a révélé une déconnexion entre l’offre existante et les besoins des habitants. De nombreux obstacles sont pointés : la prédominance des commerces froids (banques, agences immobilières…), le manque de stationnement, une accessibilité piétonne difficile, l’installation de supermarchés à proximité, une concurrence des centres rénovés des villes voisines, des trottoirs trop étroits ou encore, des cellules commerciales peu fonctionnelles.
Un levier stratégique
En 2016, le conseil municipal adopte deux périmètres de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité, couvrant le centre-ville et le quartier du Petit Robinson. L’idée est de limiter les activités tertiaires (banque, agence immobilière…) et de privilégier les commerces du quotidien : restaurant, épicerie, boucherie, boulangerie, traiteur, primeur, presse, caviste, fleuriste, pharmacie, librairie… Le dispositif s'applique uniquement aux cessions de fonds de commerce. Il ne permet pas d’intervenir en cas de fermeture définitive sans repreneur.
Concrètement, avant toute cession de bail ou de fonds commercial, le propriétaire doit faire une déclaration préalable en mairie. Cette dernière dispose de deux mois pour traiter la déclaration. « Le périmètre de sauvegarde est un outil indispensable pour maîtriser le développement d’une ville, explique le maire, Clément Ducrouy. Cela permet à la mairie d'être dans la boucle lors de l'installation de nouveaux commerçants et d’instaurer un dialogue. Le périmètre aide à préserver l'esprit village et la convivialité du cœur de ville historique. »
Le périmètre de sauvegarde représente aussi une garantie pour les commerçants en place. Le fromager hésitait à ouvrir un commerce. Il a été rassuré par le périmètre de sauvegarde, qui évite de voir une concurrence directe s'installer à proximité, et lui laisse ainsi le temps de développer sa propre clientèle. Ce dispositif a aussi permis de maintenir un fleuriste, car la mairie a refusé que, lors de sa reprise, ce commerce soit remplacé par une activité tertiaire. La mairie lutte ainsi contre la transformation des locaux commerciaux en bureaux, logements ou services tertiaires et limite également l’installation d’enseignes de restauration rapide. À titre exceptionnel, la ville peut préempter les baux commerciaux, les fonds artisanaux et les fonds de commerce. Sur les dix dernières années, une seule préemption a été exercée, dans le cadre d’un projet de rénovation urbaine.
Mixité sociale
La municipalité cherche aussi à recréer une diversité de pouvoir d'achat, favorisant l'économie locale. Elle s’y est appliquée dans le cadre de cinq projets d’aménagements, dans plusieurs quartiers. Elle a favorisé à la fois de la mixité fonctionnelle et la création de logements sociaux géographiquement diffus, en remplacement de ceux qui étaient concentrés.
Une autre restructuration urbaine est en cours, avec le projet Cœur de Ville, qui porte les espoirs de renouveau. Après une longue phase de concertation, le démarrage des travaux est prévu courant 2026, avec pour objectif, de doter le centre d’un espace de convivialité. Une grande place publique centrale sera entourée de cellules commerciales modernes, pouvant accueillir des commerces de bouche et des restaurants, une agence postale et des logements.
Commune de L'Haÿ-les-Roses
Nombre d'habitants :
Clément Ducrouy
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