À Villeneuve-le-Roi, chaque arbre a désormais son jumeau numérique (94)
Confrontée aux limites des méthodes manuelles pour suivre les interventions sur ses 3 000 arbres d’alignement, la ville de Villeneuve-le-Roi s’est tournée vers une technologie de reconstruction 3D à la fin de l’année 2023. Un « jumeau numérique » de chaque arbre a été créé. Le suivi et l'entretien du patrimoine végétal de la collectivité s’en trouvent transformés.
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Avec 17 m² d'espaces verts par habitant, Villeneuve-le-Roi fait figure d'exception dans la métropole du Grand Paris. Cette commune de 21 000 habitants, la plus étendue du Val-de-Marne, compte de larges zones pavillonnaires et gère un patrimoine arboré important. Plus de 3 000 arbres d'alignement sont répartis sur 60 kilomètres de voirie, sans compter de grands espaces verts, comme l'espace naturel sensible en bord de Seine ou le parc de la mairie, qui compte de nombreux spécimens remarquables.
Du tableau au numérique
« Jusqu’à présent, nous réalisions l’inventaire de notre patrimoine arboré à la main, avec des tableaux, rue par rue, et une numérotation séquentielle. Mais quand on vous dit que c'est le 80e arbre qui a besoin d'être taillé, c'est un peu compliqué : l'agent doit compter les arbres pour identifier le numéro 80 ! », explique Didier Gonzales, maire de la commune. « L’inventaire, réalisé en 2016 par des intervenants extérieurs, ne donnait, en outre, ni la géolocalisation précise des arbres ni leur volume », complète Julien Pringot, directeur des services techniques de la ville.
Face à ces limites, la commune a opté fin 2023 pour un inventaire numérique. Plus précisément, il s'agit d'une solution de la société Greehill qui exploite la technologie Lidar. Acronyme de Light Detection and Ranging, soit détection et télémétrie par la lumière, cette technologie utilise des impulsions laser pour créer une représentation tridimensionnelle des végétaux. Concrètement, réalisée à l'aide d'un véhicule équipé d’antennes Lidar, la captation repose sur l'émission de centaines de milliers d'impulsions laser par seconde. Le temps de retour des signaux réfléchis par les objets dessine l'arbre sous forme de nuage de points.
Un suivi personnalisé pour chaque arbre
L'analyse de ces données, avec l'appui de l'intelligence artificielle, permet de créer un « jumeau numérique » de chaque arbre, avec ses coordonnées GPS exactes, ses caractéristiques, ses dimensions et son état sanitaire.
Ces données sont centralisées dans une plateforme qui offre bien plus qu'un inventaire des arbres de la commune. Chaque arbre dispose d'une fiche détaillée présentant son essence, sa taille, son historique d'interventions et son état de santé. « On a aussi des données sur le CO2 absorbé, par exemple, en fonction de la taille de l'arbre, et les mètres cubes d'eau de ruissellement que l'arbre est capable de capter en période de pluie », détaille le maire.
Cette connaissance fine transforme la gestion quotidienne des arbres. Le chef d'équipe des espaces verts accède directement aux fiches des arbres et peut planifier ses interventions de manière ciblée, évitant approximations et erreurs de localisation. « Quand on intervient sur la voirie pour faire une tranchée, on sait également où se trouve globalement le volume racinaire », complète l'élu.
Une optimisation des interventions
Avec l'optimisation des interventions, la collectivité réalise des économies, même si ce n'est pas le principal objectif et qu'il est encore trop tôt pour les mesurer précisément. La collecte des données et l’accès à la plateforme représentent un investissement de 40 000 euros sur quatre ans. Cette somme est à rapprocher des 18 000 euros facturés pour l'étude papier réalisée en 2016, ainsi que des 200 000 euros que représente la taille des arbres chaque année. Avec ce suivi par arbre, la commune taille moins et limite les interventions au strict nécessaire, notamment pour anticiper les chutes et assurer la sécurité des habitants.
En outre, avec la mise à jour planifiée des données (dont elle reste propriétaire), la commune va accéder aux données de croissance en comparant les relevés. Elle va ainsi pouvoir suivre au plus près son patrimoine arboré, sélectionner les essences les plus adaptées au changement climatique et mieux planifier ses plantations, adapter ses interventions. « Pour certaines essences, la croissance est moins rapide, on pourra peut-être tailler une fois tous les dix-huit mois plutôt qu’une fois par an », conclut le maire.
Les jumeaux numériques des arbres de Villeneuve-le-Roi en quelques chiffres
- 40 000 euros pour collecter les données et accéder aux outils de la plateforme Greehill
- Marché de quatre ans. La commune conserve la propriété des données générées grâce à Lidar. Elle peut aussi les exporter vers son système d'information géographique.
Commune de Villeneuve-le-Roi
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