Exposition aux ondes : l'ANFR relève le seuil des points atypiques de 6 à 9 V/m
L'Agence nationale des fréquences (ANFR) a décidé de porter le seuil des "points atypiques" de 6 à 9 V/m à compter du 1er janvier 2026. La décision, prise à l'issue d'une consultation publique mais motivée essentiellement par des considérations économiques, a fait vivement réagir les associations luttant contre la surexposition aux ondes.
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Introduits par la loi Abeille de février 2015 sur la maîtrise de l'expositions aux ondes, les points atypiques désignent les lieux où le niveau d'exposition aux champs électromagnétiques dépasse substantiellement les niveaux moyens observés à l'échelle nationale. Fixé à 6 V/m en 2017, ce seuil constitue un "niveau de vigilance", très inférieur aux limites sanitaires réglementaires, comprises entre 28 et 61 V/m selon les fréquences. Lorsqu'un point atypique est identifié, les exploitants concernés - dans les faits, les opérateurs de téléphonie mobile - disposent de six mois pour réduire le niveau d'exposition, sous réserve de faisabilité technique et de ne pas réduire la couverture comme la qualité des services.
Entre risque de perte de couverture et manque de moyens
Le projet d'augmenter le seuil des points atypiques a été annoncé à l'été 2025 et a fait l'objet d'une consultation publique à laquelle 6.000 personnes ont répondu. L'Association des maires de France (AMF) s'est notamment positionnée pour le maintien d'un seuil d'intervention à 6V/m.
Dans son argumentaire, l'ANFR constate que depuis 2017 "les points exposés à plus de 6 V/m sont devenus plus nombreux" et parmi eux "ceux dépassant de quelques unités cette valeur de 6 V/m apparaissent très majoritaires". Ils sont pour l'essentiel "dans les zones urbaines denses où les usages numériques se sont fortement développés". Aussi leur résorption devient "de moins en moins accessible sans mettre en cause la couverture ou la qualité de service".
L'agence explique ensuite que le nouveau seuil de 9 V/m repose sur un critère statistique. Il correspond "au dernier pourcent des valeurs mesurées". Il doit permettre à l'agence de "recentrer les moyens d'action de l'ANFR sur les cas où des solutions pourront effectivement être mises en œuvre". En clair : l'agence veut se concentrer sur les dépassements extrêmes car elle manque de moyens pour gérer les "petits" dépassements.
Les associations environnementales vent debout
Cette décision a suscité une vive réaction de la part des associations qui militent pour une diminution de l'exposition aux ondes électromagnétiques. Agir pour l'environnement, France nature environnement, Priartem, Familles rurales et le Conseil national des associations familiales laïques s'étonnent d'une méthode qui vise à "jouer sur le seuil d'alerte pour faire disparaître l'alerte" et dénoncent une mesure prise "sur des considérations économiques" alors même que l'exposition aux ondes progresse avec la 5G.
Après avoir tenté sans succès de mobiliser les élus, les associations ont annoncé le 19 décembre 2025 suspendre leur participation au Comité de dialogue national des fréquences, une instance de concertation présidée par un élu de l'AMF créée par la loi Abeille qui réunit, opérateurs, constructeurs et représentants de l'État.