Sans-abrisme - Fin de la trêve hivernale : des centaines de personnes hébergées en structures d'urgence retournent à la rue

La Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (900 associations de lutte contre l'exclusion sur l'ensemble du territoire national) alerte les pouvoirs publics sur "la situation alarmante" que lui signalent ses adhérents locaux, suite à la fin de la trêve hivernale survenue le 31 mars.
"Dans plusieurs villes de France, dont Lyon, Grenoble, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse et Marseille ce sont plusieurs centaines de personnes qui sont remises à la rue ces jours-ci après la fermeture des structures d'urgence qui les ont hébergées pendant les mois d'hiver", signale-t-elle. Ainsi à Lyon, plus de 300 personnes ont été remises à la rue depuis la fin mars sans solution, et s'ajoutent aux 550 qui ne parvenaient pas à trouver un hébergement chaque soir via le 115. A Bordeaux, 230 places temporaires ont fermé et 80 personnes hébergées à l'hôtel risquent d'être remises à la rue à la fin du mois, alors qu'il y a déjà 130 personnes qui sollicitent quotidiennement, en vain, le 115. A Toulouse, 80 places d'hébergement pour les familles fermeront fin mai sans réorientation, ainsi que 170 places à l'hôtel. 300 personnes au total risquent le retour à la rue avant la fin du mois de mai, qui viendraient s'ajouter aux 170 personnes qui sollicitent déjà chaque jour le 115 sans solution. A Lille, "plus de 200 personnes vivent dans l'angoisse de la fermeture des places d'hôtel prévue à partir de demain"…
La Fnars souligne que ces fermetures de places peuvent entraîner la création de squats temporaires et de campements dangereux et indignes "qui se multiplient dans et autour des agglomérations".
Elle redemande au gouvernement - "qui vient de confirmer la mise en œuvre du plan quinquennal de lutte contre la pauvreté", rappelle-t-elle avec espoir - de prendre trois mesures d'urgence. La première serait d'instaurer un moratoire "immédiat" sur les fermetures de centre lorsqu'aucune solution n'est trouvée pour les personnes. Elle demande également que le gouvernement exige des préfets qu'ils mobilisent des logements disponibles aussi bien dans le parc privé que social, "avec un accompagnement social par les associations".
La Fnars réitère également sa suggestion d'une loi de programmation de logements très sociaux et de places d'hébergement pérennes sur les territoires les plus tendus, afin de "rompre à terme avec la gestion saisonnière de la grande exclusion inefficace et coûteuse pour la collectivité".

 

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