Financement des hôpitaux : la FHF demande au gouvernement de revoir ses arbitrages pour 2026
Contestant une mise en réserve excessive liée à une hypothèse de hausse d'activité jugée trop élevée, la Fédération hospitalière de France (FHF) demande au gouvernement de réévaluer ses arbitrages et de ne pas procéder au gel d'une partie du financement des mesures nouvelles pour 2026. En jeu notamment : le soutien aux urgences et à des secteurs sous-financés et en souffrance tels que la pédiatrie et la psychiatrie. Côté médicosocial, les arbitrages sont également jugés insuffisants.
© @ArnaudRobinet/ Arnaud Robinet lors de la conférence de presse de la FHF
La Fédération hospitalière de France (FHF) demande au gouvernement de revoir ses arbitrages budgétaires pour ne pas "affaiblir" l'hôpital public. Alors qu'elle salue la "mobilisation transpartisane" ayant permis d'obtenir l'abondement de 850 millions d'euros de l'Ondam établissements de santé dans la LFSS pour 2026 (voir notre article), la FHF déplore que le gouvernement ait retenu une hypothèse de hausse d'activité de 2,7%, une hypothèse jugée trop élevée et qui entraîne une consommation intégrale de cette rallonge pour garantir des tarifs stables.
Psychiatrie, soutien aux urgences… des mesures nouvelles à financer
Une hypothèse de hausse d'activité de 2,5% est "plus réaliste, plus sincère", a estimé le président de la FHF, Arnaud Robinet, ce 13 janvier 2026 lors d'une conférence de presse. Il juge "impératif" de garder des marges de manœuvre – de l'ordre de 100 à 150 millions d'euros dans le cadre d'une projection à 2,5% - pour soutenir les priorités de santé publique et des activités structurellement sous-financées, dont la pédiatrie.
Par ailleurs, sur 385 millions d'euros de "mesures nouvelles" fléchées en 2026 (contre 800 millions d'euros en 2025), 200 millions concernent les financements sur dotations (psychiatrie et notamment pédopsychiatrie, urgences, formation et enseignement, permanence des soins). La FHF s'oppose au gel de 100 millions d'euros sur dotations, soit la moitié de ces mesures nouvelles, qui serait à l'heure actuelle "non définitivement arbitré mais fort probable".
Pour la FHF, ce gel reviendrait à "concentrer l'effort sur l'hôpital public" (concerné à plus de 90% par ces financements sur dotations) et à "renoncer à financer des engagements pris par le gouvernement lui-même : revalorisation des astreintes, soutien aux urgences, à la psychiatrie — pourtant reconduite comme Grande Cause nationale". "Ce décalage entre les discours et les moyens alloués est trop flagrant pour ne pas interroger sur la volonté réelle de transformation", avait taclé l'ensemble des fédérations hospitalières dans un communiqué commun de fin 2025.
Mal financées, ces mesures pourraient en outre dégrader encore la situation financière des établissements publics de santé, dont le déficit atteignait près de 3 milliards d'euros en 2024 du fait d'un "sous-financement des effets prix" (inflation et dépenses RH), selon la FHF.
Nouvelle recette pour l'autonomie : "une occasion ratée"
"Les arbitrages prévus sur le plan médicosocial ne sont pas plus satisfaisants", déplore la Fédération, qui met en perspective des taux de progression inférieurs à 1% avec une hausse – non intégralement compensée – de 4% des cotisations retraites (CNRACL).
En outre, l'affectation d'une nouvelle recette (issue de la hausse de la CSG sur certains revenus du capital) à la branche Autonomie a constitué "une occasion ratée", estime Marc Bourquin, conseiller à la FHF. "Seuls 150 millions d'euros d'euros sont affectés à un plan d'aide aux établissement", regrette-t-il, indiquant que 90% de cette recette nouvelle a été dédiée à la réduction du déficit de la branche.
Enfin, pas d'application de la LFSS sans projet de loi de finances (PLF), rappelle la FHF, alors que le budget de la sécurité sociale 2026 repose sur un transfert de 4,5 milliards d'euros des caisses de l'État. Sans nouvelle du protocole pluriannuel sur les ressources de santé qui était à l'ordre du jour du gouvernement il y a un an (voir notre article), la FHF demande toujours une loi de programmation en santé, ainsi qu'une loi de programmation sur le grand âge.
Actuellement, dans un contexte de fortes tensions sur le système de santé – épidémies hivernales, vague de froid, mouvement de grève des médecins libéraux et des cliniques privées –, "l'hôpital public tient et s'organise", souligne la Fédération sur la base d'une enquête flash conduite la semaine dernière auprès de son réseau. "L’hôpital public est extrêmement performant au regard des contraintes qu’il assume", martèle ainsi la FHF dans une publication récente visant à répondre à des "contre-vérités" et à rétablir des "faits".