Culture - Fleur Pellerin aimerait que "l'ensemble des collectivités" fassent le choix de la culture

Au lendemain de l'appel lancé par le Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles) pour le maintien du réseau culturel en France, Fleur Pellerin a exprimé, le 11 décembre 2014, le souhait "que l'ensemble des collectivités fassent le choix de la culture". "Le gouvernement a fait le choix de préserver la culture et on aimerait que l'ensemble des collectivités fassent aussi ce choix", a déclaré la ministre de la Culture qui s'exprimait sur France Info. Pour Fleur Pellerin, "la culture, c'est un choix politique. On a toujours le choix de donner la priorité à la culture ou de sacrifier la culture. Il faut mettre chacun en face de ses responsabilités". La ministre en veut pour preuve "l'engagement" de certaines collectivités qui, à l'instar de Rennes, Lille ou la Seine-Saint-Denis, "ont fait le choix, malgré la difficulté de la situation financière, de maintenir la priorité à la culture".

"Caprices de certains élus" et indépendance "mise à mal"

Plusieurs dizaines d'artistes français avaient lancé le mercredi 10 décembre, au Théâtre de la Colline à Paris, un "appel collectif et solennel" à tous les élus et au gouvernement pour le maintien du réseau culturel en France dont ils constatent "l'effritement déjà visible". "Une conjonction d'éléments peut nous faire disparaître à grande vitesse s'il n'y a pas un sursaut", avait alors expliqué Madeleine Louarn, présidente du Syndeac, à l'AFP. "C'est tout le réseau issu de la décentralisation qui est menacé d'effondrement". Outre l'impact des difficultés financières des collectivités sur les budgets de la culture, la responsable syndicale s'indignait du fait que "de nouveaux maires veulent choisir eux-mêmes la programmation des théâtres". En outre, dans plusieurs villes – le Blanc-Mesnil ou Roanne notamment -, l'alternance politique a conduit des élus à retirer leur confiance aux équipes qui géraient les lieux de spectacle, des décisions dont le Syndeac s'est ému.
Toujours à l'initiative du Syndeac, une lettre adressée à la ministre de la Culture bénéficiait, ce 12 décembre, de plus de 1.500 signatures, dont celles d'acteurs de théâtre et de cinéma tels que Mathieu Amalric, Emmanuelle Béart ou Denis Podalydès, ou encore d'Eric Ruf, administrateur de la Comédie-Française, et de directeurs de théâtres et metteurs en scène tels qu'Ariane Mnouchkine. Le Syndeac y dénonce pêle-mêle les "caprices de certains élus" et la "mise à mal" de l'indépendance des établissements culturels, la "confusion dans laquelle se font la 'réforme territoriale' et la 'modernisation de l'Etat'". Face à la "menace de l’effondrement de tout ce qui a constitué la politique de décentralisation du spectacle vivant dans notre pays depuis plus de cinquante ans", les signataires de la pétition demandent au gouvernement "un discours refondateur, une ligne, un horizon véritable".

Réforme territoriale : débattre aussi de l'avenir de la culture

Avec les tensions sur les finances locales, accentuées par la baisse prévue des dotations de l'Etat, certaines collectivités n'avaient attendu ni cet appel, ni les propos de la ministre pour s'interroger sur le devenir des politiques culturelles sur les territoires. La Nacre [Agence pour le développement du spectacle vivant en Rhône-Alpes, association fédérant différents professionnels de la culture et des collectivités] organise ainsi une journée de débat le 8 janvier prochain à Lyon intitulée "La réforme territoriale : quelle place pour la culture dans la recomposition des territoires ?" L'association considère notamment que, "bien que mentionnée dans le cadre du maintien d’une clause de compétence générale, la culture n’est pas au cœur du débat, alors même que la redistribution des compétences et la recomposition des territoires vont l’impacter considérablement".

 

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