France ruralités : "Beaucoup a été obtenu, mais beaucoup reste à faire"
Les ministres Françoise Gatel et Michel Fournier ont appelé, mercredi, à la poursuite du programme France ruralités lancé il y a trois ans, sur la base d'un bilan encourageant. Beaucoup de résultats ont été obtenus mais "plusieurs défis structurels demeurent particulièrement prégnants" : logement, santé, vieillissement de la population, baisse des effectifs scolaires...
© @FrancoiseGatel/ Françoise Gatel et Michel Fournier dans l'Orne en Novembre 2025
Sur la base d’un bilan présenté le 10 juin, la ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel, et le ministre délégué chargé de la Ruralité, Michel Fournier, ont appelé à "construire la deuxième phase du plan France ruralités", à l’amorce de discussions budgétaires qui s’annoncent très serrées. "Ce bilan doit être regardé moins comme un point d’arrivée que comme la confirmation d’une trajectoire", souligne la ministre, citée dans un communiqué.
Lancé en juin 2023 par l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, ce plan comporte un catalogue de "solutions" dans quantité de domaines (services publics, éducation, santé, commerce…) et un volet "ingénierie" avec le lancement d’un programme Villages d’avenir promu par Michel Fournier lui-même, alors à la tête de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), dans l’esprit des programmes Action cœur de ville et Petites Villes de demain.
"Les résultats obtenus depuis trois ans démontrent que les territoires ruraux disposent d’atouts considérables et que les politiques publiques de proximité produisent des effets concrets lorsqu’elles sont construites avec les élus locaux et les acteurs de terrain", se félicite le ministère, dans le communiqué.
18 des 41 mesures achevées
Depuis un comité interministériel aux ruralités organisé il y a un an dans le village de Mirecourt (Vosges) où l’ex-Premier ministre François Bayrou avait plaidé pour une poursuite du plan, à moyens constants, 18 des 41 mesures de l’axe solutions sont désormais considérées comme "achevées". Toutefois ce bilan demeure "intermédiaire", souligne le ministère. "Certaines mesures, notamment celles relatives aux licences IV, à la mobilisation des biens sans maître ou encore à certaines dispositions concernant l’installation des futurs professionnels en santé dans les zones sous-denses, n’ont pas encore produit l’ensemble de leurs effets, leur mise en œuvre restant conditionnée à des évolutions législatives ou réglementaires en cours", précise-t-il.
Le plan, qui avait pris la suite de l’Agenda rural lancé à la suite de la crise des gilets jaunes, marque un regain d’intérêt pour les 22 millions d'habitants qui vivent dans les 30.596 communes rurales. Parmi ses résultats les plus visibles, le fonds de soutien au commerce rural a permis de soutenir la création de près de 800 commerces, sédentaires ou itinérants, à hauteur de 19,6 millions d’euros, dans près de 1.200 communes (lire notre article). Autre mesure phare, le déploiement du réseau France services poursuit sur sa lancée, avec plus de 2.800 structures en France, dont 58% dans la ruralité et 1.305 dans les zones France ruralités revitalisation (le zonage qui a succédé aux ZRR). En matière d’éducation, 261 Territoires éducatifs ruraux ont été labellisés, couvrant plus de 440.000 élèves et plus de 2.500 communes rurales et de montagne. 1.935 logements vacants ont été remis sur le marché locatif grâce à la prime de sortie de la vacance de 5.000 euros instaurée en 2024. Le bilan fait également état de l’implantation de 1.573 maisons de santé pluriprofessionnelles dans la ruralité (soit 53% du total). Par ailleurs, neuf communes rurales sur dix sont couvertes par une communauté professionnelle territoriale de santé (représentant près de 19,6 millions d’habitants). Et une maison France Santé sur deux est située en territoire rural.
"Plusieurs défis structurels demeurent particulièrement prégnants"
En matière d’ingénierie, les 120 chefs de projet du programme Villages d’avenir accompagnent désormais 3.081 communes, pour un montant total de 198 millions d’euros de financements publics mobilisé (dont une bonne part issue de la DETR et du fonds vert). À cela s’ajoutent les bénéficiaires du programme Petites Villes de demain puisque 73% des 1.646 communes concernées sont rurales et la moitié d'entre elles comptent moins de 3.500 habitants.
Pour autant, le ministère reconnaît que "plusieurs défis structurels demeurent particulièrement prégnants", comme le logement, la santé, le vieillissement de la population et la baisse des effectifs scolaires. "Les années 2026 et 2027 devront ainsi permettre de poursuivre le déploiement du plan, d’accélérer la mise en œuvre des mesures engagées, de renforcer leur lisibilité et d’adapter l’action publique aux évolutions démographiques et territoriales à l’œuvre", insiste le ministère pour qui France ruralités a confirmé "l’importance des centralités rurales comme piliers de l’aménagement du territoire" et l’efficacité des démarches d’"aller-vers". Pour Michel Fournier, "beaucoup a été engagé, beaucoup a été obtenu, mais beaucoup reste à faire".