Gabriel Attal précise son agenda pour les mois à venir

"Il n'y aura aucun temps mort pour l'action", dit-il. Gabriel Attal a détaillé son calendrier et sa feuille de route dans une interview au Parisien publiée ce dimanche, après avoir réuni la veille à Matignon l'ensemble de son gouvernement désormais au complet.

Reprenant et précisant les grandes lignes de sa déclaration de politique générale, comme il l'avait déjà fait sur France 2 jeudi, le Premier ministre a déroulé dans son interview au Parisien ce que sera son action au fil des saisons : "dès ce printemps nous réglerons plusieurs urgences", puis viendront un "été de progrès sociaux" et un "automne du travail".

Evoquant, parmi les urgences, la crise agricole, il indique qu'il recevra de nouveau en début de semaine les représentants des agriculteurs en vue de la préparation d'un projet de loi agricole qui sera présenté lors du Salon de l'agriculture.

Sur le plan économique, il entend "lever un à un les carcans qui brident les Français" et précise que le projet de "loi Macron 2" visant à "libérer l'activité économique, la croissance et le développement industriel" sera présenté avant l'été. Il y sera question d'industrie, de secteurs réglementés, de simplification des normes…

Dans la série simplifications, Gabriel Attal confirme aussi sa volonté de simplifier "250 procédures de la vie quotidienne des Français". Et de supprimer un certain nombre de comités, commissions ou autres instances "rattachés aux ministères". Il en aurait identifié "une quarantaine", qui feront l'objet de décrets déjà en préparation.

S'agissant de la jeunesse, est de nouveau mentionné l'enjeu de la santé mentale avec un renforcement de la médecine scolaire et la refonte de "Mon soutien psy". Le chef du gouvernement prévoit par ailleurs pour le printemps, se référant aux émeutes de l'été dernier, "des mesures sur la justice des mineurs (afin) d'adapter nos sanctions aux plus jeunes", avec des "mesures éducatives" s'inspirant des travaux d'intérêt général. Et "dès le printemps, des départements expérimenteront l'internat gratuit pour certains jeunes à la dérive, sur simple accord des parents".

Sur le logement, est confirmée la préparation d'un nouveau projet de loi ainsi que l'opération "20 territoires engagés pour le logement". On saura aussi que "la modification de la loi SRU sera présentée avant l'été". Par ailleurs, les banques sont invitées à "limiter les cas de refus de prêt injustifiés".

Au chapitre sécurité, c'est d'abord la lutte contre le trafic de drogue qui est mise en avant avec la présentation dès le mois de mars d'un "nouveau plan anti-stups en grande partie tourné vers les villes moyennes" qui seraient victimes d'un "tsunami blanc" ("arrivée massive de cocaïne").

Du côté du portefeuille de Catherine Vautrin, le Premier ministre évoque divers points déjà présentés lors de sa déclaration de politique générale : sur la santé, généralisation des services d'accès aux soins (SAS) ; chantier de la solidarité à la source (avec expérimentation du préremplissage des formulaires de demande de prime d'activité et de RSA à la fin de l'été, avant généralisation en 2025) ; généralisation des 15 heures d'activité "en contrepartie" du RSA au 1er janvier 2025 ; réforme de l'assurance chômage et présentation "à la rentrée" d'un "projet de loi pour l'acte II de la réforme du marché du travail". Et la suppression de l'ASS reste bien d'actualité.

Interrogé sur les économies budgétaires envisagées, Gabriel Attal souligne la nécessité d'un "Etat exemplaire", pointe certaines dépenses sociales… mais mentionne aussi les collectivités qui, certes, "font des efforts énormes". L'exemple choisi : "Quand certaines collectivités ou services de l'Etat font toujours travailler moins de 35 heures leurs personnels, cela coûte jusqu'à 1 milliard d'euros par an ! Peut-on continuer ainsi ?"

Samedi matin, Gabriel Attal avait réuni pour un séminaire de deux heures et demi la quasi-totalité de ses 34 ministres ou secrétaires d'Etat. Il s'agissait de donner à voir un "pack gouvernemental" qui est "au travail", selon les mots de Prisca Thevenot, la porte-parole du gouvernement. Plusieurs ministres sont ensuite immédiatement partis sur le terrain, à l'image du ministre de l'Intérieur qui s'est rendu à Besançon (Doubs) pour y présenter un bilan des 155 opérations "place nette" réalisées ces quatre derniers mois puis de s'envoler pour Mayotte (voir notre article de ce jour) avec la nouvelle ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guévenoux.  Catherine Vautrin s'est pour sa part rendue dans le Loiret avec son ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux, pour y montrer "des résultats concrets de l'action gouvernementale sur l'accès territorial de santé".