Géothermie : une énergie encore trop marginale en France, regrette la Cour des comptes

Malgré ses atouts, la géothermie reste marginale en France, où elle ne représente qu'environ 1% de la consommation finale de chaleur, observe la Cour des comptes dans un nouveau rapport publié ce 13 janvier. Qui préconise de lever les freins structurels à son développement et de simplifier des procédures jugées trop complexes.

"Énergie locale, renouvelable, décarbonée et disponible en continu, la géothermie dispose d’atouts majeurs pour la transition énergétique, mais reste très marginale en France, où elle ne représente qu’environ 1% de la consommation finale de chaleur", constate la Cour des comptes dans un rapport sur les soutiens publics au développement de la géothermie publié ce 13 janvier.

Trois techniques de géothermie

Les Sages reviennent sur les trois techniques de géothermie existantes. Celle dite "de surface" permet de faire du chaud et du froid en utilisant la température du sous-sol à moins de 200 mètres de profondeur. La géothermie "profonde" consiste à aller chercher de l'eau chaude à 1.000 ou 2.000 mètres de profondeur, où la température de l'eau varie de 80 à 150 degrés. Enfin, la géothermie de haute énergie vise à aller chercher de la vapeur à des températures supérieures à 150°C dans les zones à volcanisme actif – elle est présente aux Antilles et tout particulièrement en Guadeloupe.

Selon la Cour, les soutiens publics mobilisés en faveur de cette énergie n'ont pas permis, à ce stade, de lever les freins structurels à son développement - coûts initiaux des projets, risques techniques et géologiques et complexité des procédures et des cadres d'intervention. La géothermie de surface reste peu développée en France, notamment dans le logement collectif, malgré des performances environnementales et énergétiques élevées. Plutôt qu’une augmentation des subventions, les Sages préconisent "la simplification des règles, la priorisation des soutiens et le développement d'outils organisationnels et juridiques"

"Principalement destinée à l’alimentation des réseaux de chaleur urbains, la géothermie profonde calogène est considérée comme compétitive mais reste pénalisée par des investissements initiaux très élevés et des incertitudes sur la ressource géologique", pointe la Cour. Selon elle, l’atteinte des objectifs de production suppose de "lever les freins économiques, d’adapter la filière à une montée en puissance rapide des projets et de réduire la lenteur des procédures administratives". Elle recommande donc de réexaminer la place des soutiens financiers, de préciser la doctrine de couverture des risques et de renforcer la connaissance du sous-sol.

Alors qu’elle est limitée en métropole, la géothermie électrogène constitue quant à elle un "enjeu stratégique pour les territoires ultramarins", estime la Cour. Par ailleurs, des innovations déjà matures (boucles d’eau tempérée, réseaux de chaleur et de froid, stockage thermique souterrain, valorisation des saumures) peuvent "améliorer la rentabilité des projets et l’efficience des soutiens publics, sous réserve de structurer les outils de planification, notamment le cadastre géothermique", soulignent les Sages.

Meilleure organisation et priorisation des aides

"Dans ce contexte, l’atteinte des objectifs repose moins sur une hausse des aides que sur une meilleure organisation et priorisation des soutiens, une gestion plus claire des risques, un renforcement de la connaissance du sous-sol et la mobilisation d’innovations aujourd’hui matures", estiment-ils. Trois principales recommandations sont mises en avant : relever le seuil de la géothermie de minime importance, clarifier la doctrine d’allocation du fonds de garantie pour la géothermie profonde et réviser les dispositifs de couverture du risque de forage, en particulier dans les outre-mer.

 

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