Paris

Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis

Gilets jaunes et tourisme : les conséquences sont bien là

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Le résultat ne faisait guère de doutes, mais les chiffres manquaient encore. C'est désormais chose faite avec les annonces de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, et de Christian Mantei, directeur général d'Atout France. Ceux-ci s'exprimaient lors d'une visioconférence avec une dizaine d'ambassadeurs de France à l'étranger, afin d'évaluer l'impact du mouvement des "gilets jaunes" - et des images de violences qui ont tourné en boucle à l'étranger - sur les flux touristiques.

Selon Christian Mantei, les arrivées aériennes internationales à Paris ont baissé de 5 à 10% en décembre, avec un résultat qui "devrait au final être plus proche des -10%". Jean-Baptiste Lemoyne a indiqué que "la situation est très nuancée selon les pays, on sent notamment la préoccupation des Asiatiques, clientèle qui a besoin d'être rassurée. Mais les signaux sont positifs du côté des Européens, qui forment le gros des bataillons". Il estime que "l'impact le plus fort a été sur le mois de décembre. Sur janvier et février, cette décroissance ralentit, et en mars, on repart sur une croissance des arrivées internationales".

Le sentiment n'est pas le même du côté des hôteliers, même si on manque encore de chiffres officiels. Fin décembre, Jean-Virgile Crance, le président du Groupement national des chaînes hôtelières, évoquait sur France Info "une perte de 10% sur l'ensemble du territoire en raison de cet événement des 'gilets jaunes'. A Paris, on est même à moins 30%". Celui-ci estime également "à -20% la volumétrie des réservations pour le début de l'année 2019". De son côté, Jean-François Martins, adjoint à la maire de Paris en charge du tourisme, qui s'exprimait le 14 janvier sur les antennes de France Bleu, se montre un peu moins pessimiste, avec néanmoins une baisse de l'ordre de trois points du taux d'occupation des hôtels de la capitale et de lourdes conséquences pour les commerces. Il prévoit un retour à la normale au mois de mars 2019 pour les réservations, "à condition que ne se déroulent pas chaque samedi les mêmes images que celles qu'on a connues".

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