Gymnases : la hausse du nombre des licenciés touche toutes les disciplines
Les dernières statistiques de licences des fédérations sportives mettent en évidence la dynamique du volley, du basket, du hand et du badminton. Leur point commun : une large utilisation des gymnases municipaux, source de conflits d'usages.
© Thomas Bresson CC BY 3.0
Les collectivités ont de plus en plus de mal à répondre aux besoins des clubs en matière de mise à disposition d'équipements sportifs. Le dernier recensement des licences des fédérations sportives publié par l'Injep (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire) aide à comprendre ce phénomène en constatant la hausse du nombre de pratiquants dans de nombreux sports.
De 2016 à 2025, le nombre de licences délivrées par les 119 fédérations sportives agréées est passé de 16,2 à 17,4 millions, soit une augmentation de 7%, alors que dans le même temps, la population française augmentait de 3%.
Croissance record pour le volley
Parmi ces fédérations, certaines enregistrent une croissance plus élevée que la moyenne. Et quand plusieurs disciplines partageant les mêmes installations municipales voient leurs effectifs, déjà conséquents, croître dans des proportions importantes, on devine le casse-tête pour les collectivités. C'est particulièrement le cas des trois grands sports collectifs de salle : volley-ball, basket-ball et handball.
Avec une augmentation de 66% en dix ans, la Fédération française de volley-ball (FFVB) est celle qui a enregistré la hausse la plus forte, passant de 100.000 licenciés en 2016 à 166.000 en 2025. Parallèlement, les fédérations de basket-ball (FFBB) et de handball (FFHB), qui comptaient déjà plus d'un demi-million de licenciés chacune il y a dix ans, ont vu leurs effectifs grimper respectivement de 18% et 16%. En 2025, la FFBB dénombrait 630.000 licenciés et la FFHB 602.000.
Le badminton et le futsal poussent les portes
À ces trois disciplines, il faut ajouter le badminton et ses 240.000 licenciés, également en très forte croissance (29% sur dix ans), dont les clubs sont le plus souvent accueillis dans les mêmes gymnases municipaux que ceux du basket, du hand et du volley. Et cela sans compter les quelque 50.000 licenciés de futsal, comptabilisés avec ceux de la Fédération française de football (FFF).
Si cette cohabitation dans les équipements crée une tension croissante sur les créneaux horaires disponibles, elle cause également un problème de normes : chaque sport réclame un tracé propre au sol, lequel finit par ressembler à une mosaïque difficilement lisible. De leur côté, le volley et le badminton nécessitent des trappes au sol pour y fixer des poteaux, lesquelles peuvent s'avérer dangereuses pour les pratiquants des autres disciplines quand elles sont mal fermées.
Les fédérations prônent des terrains dédiés
Conscients des problèmes de cohabitation, le ministère des Sports recommande, lorsque cela est possible, de limiter le nombre de disciplines sportives dans chaque installation et suggère, lors de la construction d'un nouveau gymnase, de distinguer entre sports de filet (badminton, tennis, volley-ball) et sports de buts (basket-ball, handball, futsal, hockey).
De leur côté, les fédérations privilégient la construction d'équipements propres à leur sport et s'en donnent les moyens. La FFF, dans le cadre du fonds de soutien au football amateur (Fafa) propose depuis plusieurs années un financement pour la construction de terrains extérieurs, notamment sur des friches urbaines. À cet effet, elle a mis en place avec l'Agence nationale du sport (ANS) un guichet unique destiné aux collectivités. La FF badminton offre également une aide financière dans le cadre de son Pacte (plan d'aide à la conquête et à la transformation des équipements), également complémentaire des aides de l'ANS, qui donne la priorité aux projets dédiés au seul badminton ou lui offrant un accès prioritaire. Enfin, la FFBB a mis l'accent ces dernières années sur la construction de terrains extérieurs, notamment dédiés au 3X3, pour mieux s'émanciper des contraintes de partage des gymnases.